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Politique

On ne négocie pas avec ses bourreaux

La colère de structures CGT suite à l’appel de Martinez à négocier avec le Medef

Avant d’annoncer que la CGT participerait aux négociations sur l’assurance chômage, le 25 septembre, Martinez, aux côtés d’autres organisations syndicales, avait déjà adressé au MEDEF, à la CPME et à l’U2P, un courrier afin d’ouvrir « agenda social de négociations ». Une ligne rouge dans la collaboration de classe qui a fait réagir plusieurs branches du syndicat !

C’est aux côtés de la CFDT, de FO, de la CFE-CGC et de la CFTC, que Martinez avait apposé la signature de la CGT pour se féliciter des négociations qu’il pourrait y avoir avec… le syndicat des patrons. Des négociations sous le signe du « progrès social » pour les uns qui n’essayent même plus de se cacher de leur collaboration de classe, mais qui s’apparentent bel et bien une trahison pour d’autres, qui ont fait entendre leurs voix à la direction de la CGT.

Une ligne rouge franchie

« Inadmissible », « inacceptable » pour les Goodyear qui dénoncent cette décision anti-démocratique prise dans les hautes sphères du syndicat. « NON, la CGT Goodyear n’est pas du tout d’accord pour que la CGT s’unisse avec les ennemis de classe que sont ceux qui non stop dans les entreprises et au niveau national accompagne la casse et valide tous les accords de régression… »

Dans une lettre, la CGT commerce-distribution-services rappelle qui sont ces interlocuteurs sociaux avec qui va joyeusement discuter Martinez : « Ceux qui ont détruit des milliers d’emplois chez Carrefour, Auchan, Cora, Tati, Brice, Pimkie, Jules, Flunch, Mac Do, Prévention Sécurité… et jettent ainsi des milliers de salariés dans la précarité. ». Car ce sont pas moins de 20 000 suppressions de postes annoncées dans le secteur depuis quelques mois ! « Comment parler de qualité de vie au travail avec certaines organisations syndicales réformistes qui sont pour l’ouverture des magasins 7 sur 7 et « s’il vous plaît » en nocturne. Et pendant la casse sociale le patronat avec « qui nous voulons négocier » se remplit les poches avec des dividendes qui ont explosé cette année ».

De même pour l’UD CGT des Bouches du Rhône qui déclare à la Confédération : « Avec ce courrier, nous considérons qu’un cap est franchi, tant le fond que la forme amènent à l’effacement voire à la négation de l’antagonisme existant entre exploiteurs et exploités. ».

« La CGT est à nous ! »

La CGT Goodyear en critiquant et en rejetant les politiques de négociations avec le patronat de Martinez, a rappelé la nécessité que les décisions viennent de l’ensemble des syndiqués et non pas seulement de têtes bureaucratisées.

De son côté, la CGT info-com’ a publié une lettre, adressée au MEDEF, à la CPME et à l’U2P pour déclarer publiquement que la section n’était en rien signataire de la lettre, sur laquelle Martinez a déposé le cachet de la CGT. Signe d’une rupture frontale entre « la base » et la direction du syndicat aux petits soins avec les patrons-bourreaux.

Nous revendiquons de satisfaire les besoins collectifs, pas d’aimables concertations où le syndicalisme CGT, contre ses adhérents et l’intérêt des travailleurs, collaborerait à la désastreuse gestion libérale de l’économie et au très violent management patronal.

Contre les politiques de négociations et de contentions sociales, ces différents secteurs de la CGT appellent au contraire à se mettre en ordre de bataille, à la base, pour contrer les réformes de Macron signant la régression sociale.

Car dans un contexte où Macron est particulièrement affaibli, il est nécessaire pour notre classe de s’organiser et de lutter, à mille lieues de directions syndicales qui se mettent à la table du MEDEF. La CGT doit immédiatement quitter les négociations. La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat !




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