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La Croix Rouge alerte. La malnutrition chez les jeunes, un mal chronique

Ce 31 mai, la Croix Rouge a publié un rapport relatif à la santé des 12-25ans. Selon Jean-Jacques Eledjam, président de l’association, « il y a une forme de misère cachée ».

Crédits photo : Mychele Daniau / AFP

Interrogé ce mercredi sur France Info, le professeur Jean-Jacques Eledjam, président de la Croix-Rouge française qui vient de sortir son deuxième rapport annuel, relatif à la santé des jeunes (12-25 ans), assure que « la précarité augmente chez les moins de 25 ans et elle prend une part relativement importante parce qu’il y a une forme de misère cachée » . Une précarité qui se traduit par des situations de malnutrition chronique, qui entre plus globalement par un accès difficile à la santé en général.

Il leur reste à peu près, selon les études que nous avons faites, 89 euros par mois pour vivre et se nourrir

Bien sur, il est difficile de parler de « jeunesse » en générale, tant les situations peuvent différer selon les cas (étudiants, origine sociale etc.), ce qui, selon le rapport, permet de constater des difficultés plus ou moins grande d’accès à la santé. Dans son interview, Jean-Jacques Eledjam analyse les réticences à pousser les portes des épiceries solidaires comme étant relatives à «  un problème de fierté, de dignité  » et à la nécessité de prioriser « l’éducation à la santé ». S’il est bien-sûr adéquat de penser que des campagnes d’éducation à la santé peuvent permettre une meilleure prise en compte de la part des jeunes, cela ne règle en rien le problème d’accessibilité au soin et aux médicaments, difficile pour une grande part des jeunes les plus précaires. Quant à la question de la « dignité », le président de la Croix Rouge propose une solution pour le moins insolite.

J’ai la conviction qu’il faut redonner aux gens qui poussent la porte d’une épicerie solidaire une certaine forme de dignité et qu’ils aient l’impression de participer à leur bien-être, à leur entrée dans la vie. Et s’ils participent financièrement, même modestement, ils ont l’impression qu’on ne leur fait pas la charité.

Bien évidemment, la « solution » proposé par Jean-Jacques Eledjam à de quoi faire grincer des dents, et semble totalement lunaire alors que lui même affirme qu’il ne reste que 89 euros en moyenne aux jeunes pour vivre ou manger ! Surtout quand on sait que, dans le milieu universitaire, plus de 50 % des étudiants sont obligés de se salarier en parallèle de leurs études pour pouvoir subvenir à leurs besoins.

Les problèmes de malnutrition chronique et d’accès à la santé chez les jeunes ne peuvent pas être réglés par des abstractions philosophiques ou idéologiques. La réalité de la précarité ne peut être résolue que par l’imposition de solutions à la hauteur des enjeux, avec un salaire socialisé permettant à tout les jeunes de pouvoir s’émanciper financièrement de la tutelle familiale, un accès gratuit à tous les soins et à l’éducation. Un ensemble de mesures minimales pour sortir de la spirale infernale, qui chaque année atomise un peu plus la jeunesse et la plonge dans une misère sans cesse plus noire.




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