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Notre classe

Après 2 mois de grève

La direction de la clinique de l’Ormeau licencie une gréviste !

La clinique de l'Ormeau, à Tarbes, est sortie le 10 janvier 2017 d'une grève qui a duré 64 jours. La fin de cette grève a été permise par un accord entre la direction et les salariés sous la forme d'un protocole de sortie de grève, dans lequel la direction s'est engagée à n'opérer aucune sanction et aucune pression vis-à-vis des grévistes. Pourtant, on apprend aujourd'hui que la direction de la clinique licencie abusivement une salariée gréviste, relançant ainsi la bataille entre les salariés et la direction Crispine Scavola

Une grève déterminée et victorieuse

Le 8 novembre 2016, les salariés de la Clinique de l’Ormeau à Tarbes se mettent en grève pour exprimer leur colère face à la dégradation de leurs conditions de travail et à la stagnation de leurs salaires. La clinique appartient au groupe MédiPôle Partenaires dont le chiffre d’affaires était en hausse de 4% au premier semestre 2016. Pourtant la direction souhaite supprimer des postes, mettre en place des plannings intenables et retirer le temps de pause repas du temps de travail effectif. Face à cela, les grévistes exigent une augmentation des salaires, une prime annuelle et des améliorations des conditions de travail (notamment pour le travail de nuit, le temps de pause, les remplacements...) ; mais aussi une meilleure prise en charge des patients.

Les jours passent, la direction refuse de céder aux revendications et les grévistes restent déterminés. Pourtant, en 64 jours de grève, les salariés auraient eu le temps de se décourager, surtout qu’ils ont été victimes de violences : fin novembre, un médecin renverse délibérément des militants de la CGT sur un piquet de grève ; mi-décembre, la direction tente de briser la solidarité entre grévistes en assignant 17 d’entre eux au tribunal. Pourtant les militants ne se découragent pas et organisent une occupation du site, de nombreuses manifestations et actions.

C’est ainsi qu’après deux mois de mobilisation, un protocole de fin de grève est voté en Assemblée Générale des grévistes. Il est signé par la CGT et par la direction. Ce protocole satisfait les revendications sur les salaires et les conditions de travail et la direction s’engage « à n’opérer aucune sanction, aucune pression, poursuite judiciaire, ni mesure discriminatoire » sur les salariés grévistes.

Une répression individuelle pour mieux préparer les prochaines attaques

Plus d’un mois après la reprise du travail, on apprend qu’un licenciement (dont le caractère abusif ne fait pas de doute) vise une salariée gréviste ! Ainsi, selon la CGT, la direction ne respecte pas le protocole de fin de grève, et « affiche une attitude revancharde à l’encontre des salarié(e)s qui se sont mobilisé(e)s ». De fait, la direction de l’établissement a mal vécu cette mobilisation qui a duré deux mois et qui a même été couverte par la presse nationale. Cette répression individuelle est surtout un moyen de tester les employé(e)s, de tenter de « reprendre la main », pour « remettre à leur place » les anciens grévistes.

Pour une mobilisation massive le 7 mars


Dans les cliniques privées comme dans les hôpitaux publics, l’austérité menace les conditions de travail et l’accès aux soins. Contre cette logique, le 7 mars est une date de grève et de mobilisation nationale. À cette occasion, la CGT Hautes Pyrénées appelle à une manifestation au départ de la clinique de l’Ormeau à Tarbes. Pour l’amélioration des conditions de travail mais aussi l’égalité de l’accès aux soins, il est nécessaire de construire une mobilisation massive à l’échelle nationale : des manifestations sont prévues dans toutes les grandes villes. Et puisque la logique d’austérité et de casse du service public ne touche pas que les hôpitaux, le 7 mars est aussi une date de mobilisation contre la casse de l’Enseignement supérieur et la Recherche. Face à ceux qui nous tout en se remplissant les poches d’argent public ordonnent de nous serrer la ceinture, construisons la mobilisation !




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