^

Politique

Objectifs législatives

La direction du PCF manœuvre et appelle au « rassemblement de la gauche »

Alors que la possibilité d’un regroupement de la candidature de Hamon et de Mélenchon semble de plus en plus s’éloigner, le PCF a publié ce mardi « une adresse » appelant au « rassemblement de la gauche ». Une manœuvre qui sert surtout à réapparaitre dans une campagne présidentielle où ils sont absents et à préparer les législatives de juin 2017.

La manœuvre du « rassemblement de la gauche »

Le moment a été choisi avec précaution. C’est en effet ce mardi, après l’échec des tractations entre Hamon et Mélenchon, que le PCF a choisi de se fendre d’une « adresse au peuple de France » appelant au « rassemblement de la gauche ». Selon eux, « la présence au second tour de l’élection présidentielle d’une candidature porteuse de ces combats et la constitution en juin d’une majorité de gauche et écologiste paraissent à nouveau possibles ». Mais la manœuvre est trop grossière pour être prise au sérieux.

D’abord, il est aujourd’hui hautement improbable qu’il puisse y avoir un ralliement entre Hamon et Mélenchon. En effet, le candidat de la France Insoumise, en qualifiant au passage le PS de « corbillard », a exigé que les figures de droite de l’organisation socialiste soient exclues de la campagne. Une demande impossible pour Hamon qui fait tout au contraire pour maintenir le PS, quitte à faire des concessions sur la question de l’abrogation de la loi travail.

Cette déclaration est surtout une manière, pour la direction du PCF, de tenter de se refaire une santé après avoir subi la pression de la dynamique Mélenchon depuis le début de la campagne. Car contrairement à ce que s’annonce les auteurs du texte, le PCF n’a pas choisi de ne « pas présent[er] de candidat communiste à l’élection présidentielle » pour permettre à une « majorité de gauche » d’émerger. C’est seulement au terme d’un vote très polarisé, et contre l’avis des cadres de l’organisation, que les militants ont choisi de justesse le refus d’une candidature PCF et le rassemblement avec Mélenchon, mettant fortement sous pression la direction de l’organisation.

La stratégie d’appareil du PCF pour les législatives

Depuis le vote du mois de novembre, force est de constater que la direction du PCF fait tout pour ne pas subir la pression de la candidature Mélenchon, en se délimitant quelque peu de sa candidature dans les médias, ou en publiant son propre programme. Pour les dirigeants communistes, la victoire de Hamon et l’échec du rapprochement de Mélenchon sont une opportunité d’apparaitre comme les chantres du « rassemblement à gauche », et de proposer aux différents candidats de se rencontrer.

Mais en réalité, plus que les présidentielles, c’est la question des législatives qui préoccupe l’appareil du PCF. Car, depuis le mois de novembre, les tractations avec la « France Insoumise » se sont embourbées et l’organisation de Mélenchon a annoncé vouloir présenter des candidats dans un grand nombre de circonscriptions, y compris celles où un candidat PCF se présentait. Une décision qui aurait pu signer la fin de la représentation du PCF à l’Assemblée Nationale, et qui augurait très mal de la suite pour eux, notamment des municipales de 2020. Avec la victoire de Hamon, les cartes sont quelques peu rebattues. C’est du moins ce qu’espère la direction communiste.

Une chose est sure : c’est que la direction du PCF est prête à tout pour pouvoir maintenir à flot son maigre appareil parlementaire, à l’image des axes programmatiques très larges que celles-ci avancent dans son « appel au peuple de France ». A deux mois des présidentielles, alors que les trois principaux candidats prévoient tous un programme de casse de nos acquis sociaux et de notre droit du travail, pour la direction du PCF, l’heure semble toujours être aux manœuvres d’appareil.




Mots-clés

Benoit Hamon   /    Présidentielles 2017   /    PCF   /    Mélenchon   /    Politique