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Notre classe

« Dernier Jour pour les chibanis »

La fin d’une longue bataille contre la SNCF qui se solde par une victoire pour les chibanis !

Le 31 Janvier dernier la cour d’appel de Paris rendait un verdict attendu par plus de 800 travailleurs marocains et leurs familles. Plus de 35 ans de discrimination vécue à la SNCF pour ces salariés venus du Maroc et travaillant pour le service public ferroviaire, sans le statut et la retraite de cheminot, ni même le déroulement de carrière de leur semblable. La cour d’appel avait donc validé le jugement de 2015 des prud’hommes de Paris. Ce samedi 31 Mars se solde la dernière journée où la SNCF pourrait annoncer un pourvoi en cassation.

Crédits photo : AFP/STEPHANE DE SAKUTIN

Un procès historique

Ils avaient combattu des années et des années, eux qui étaient agents des voies, de la manœuvre, souvent cantonnés à des métiers au plus bas de l’échelle, sans pouvoir profiter des mêmes conditions que leurs collègues français avec statuts. C’est après plus de 15ans de procédure en justice que le 31 janvier dernier la SNCF venait d’être définitivement condamné à verser plus de 180 millions d’euros à plus de 800 travailleurs marocains du chemin de fer, les « chibanis ».

Aujourd’hui marque le dernier jour du délai légal pour la SNCF de se pourvoir en cassation, elle qui est empêtrée dans ce qui s’annonce un des conflits les plus importants du rail depuis 1995. Ce procès fait écho avec l’actualité et cette reforme ferroviaire qui vise à arrêter l’embauche au statut, créant de fait une situation inégalitaire et discriminatoire pour les futurs cheminots qui seraient embauchés comme l’ont été a l’époque les travailleurs marocain en tant que « PS25 ». Ce n’est donc pas une réforme mais bien le passage par ordonnance d’une discrimination annoncée. Ils sont aujourd’hui plus de 10000 cheminots, ainsi que des milliers de travailleurs sous-traitant, du nettoyage, de la voie, de la manutention ou encore de la restauration ferroviaire, à rapporter de l’argent à la SNCF, à faire exister et vivre le service public ferroviaire, avec des salaires et une retraite pejorée.

Si la SNCF ne se pourvoit pas en cassation ce sera définitivement la fin d’un calvaire pour ces cheminots, qui pourront enfin rattraper ces années de retraite « misérable » comme disait un des chibanis à la sortie du tribunal le 31 janvier. Cela confirmera que le statut de contractuel que veut imposer le gouvernement avec cette reforme, n’est qu’une discrimination au regard de la jurisprudence. Mais cette décision donnera sans doute le courage et l’envie aux nombreux travailleurs du rail contractuels d’attaquer à leur tour la SNCF, et donner également l’envie à d’autres métiers où existe ce décalage entre statutaire et contractuel comme à la Poste par exemple, à faire jurisprudence partout où c’est le cas, et à se battre plus généralement pour leurs droits.

C’est donc à 4 jour du début de la grève à la SNCF une annonce qui gonflera les cheminots pour aller chercher la gagne et le retrait de cette reforme.




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