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La fin du Ni-Ni pour Les Républicains

A l’approche des élections législatives, le Front Républicain refait surface. Dans une déclaration donnée hier, le chef de file des Républicains pour le scrutin, François Baroin, a prôné « le désistement »des candidats de son camp en cas de victoire possible du FN.

Les Républicains et La République en Marche, copains comme cochons à l’approche des scrutins

 
En marge d’un meeting en Loire-Atlantique François Baroin, chef de file de LR, a déclaré à la presse qu’il était favorable à des désistements de la part des candidats de son camp dans le cas de victoires possibles du Front National. « Cette question, elle est tranchée depuis très longtemps. Et, naturellement, tout sera mis en œuvre au niveau national pour éviter ce genre de choses  », a fait valoir le sénateur-maire de Troyes. "Notre position vise à faire barrage au FN en tout temps, tous lieux, toutes circonstances" a-t-il confirmé ce matin au micro de France Inter.

François Baroin ne pose qu’une condition : celle de la réciprocité des engagements. «  Je souhaite d’ailleurs que la réciproque soit vraie du côté d’En marche ! Comme du Parti socialiste. Les désistements devront faire partie de l’entre-deux-tours des législatives  », a-t-il affirmé dans des déclarations diffusées par Le Figaro. Il n’a toutefois pas précisé si ces désistements se feraient également en faveur d’un candidat de la France Insoumise.

Une invitation à laquelle le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a déjà répondu favorablement. Il a affirmé que des désistements de candidats de la majorité présidentielle auraient lieu également si le FN était en position de l’emporter. « Partout où le candidat de La République en marche, en se maintenant [au second tour] ferait prendre le risque d’une élection du Front national, partout nous retirerons notre candidat ; et partout où le maintien du candidat nous permettra d’empêcher cette élection, nous nous maintiendrons », a-t-il développé sur LCI.

Un accord qui n’est évidemment pas passé inaperçu du côté du Front National. La présidente du parti Marine Le Pen a déclaré « François Baroin apporte une énième confirmation de ce que [le FN répète] depuis des semaines : LR n’est pas un parti d’opposition à Emmanuel Macron, c’est un strapontin à la majorité présidentielle. » Une occasion pour le parti frontiste de jouer sur la carte du « tous pourris » en se présentant comme la formation politique antisystème, alors que son parti est lui-même traversé par des tensions fratricides et des affaires qui laissent à penser que les scores du FN pourraient être bien moins importants que ce qu’ils prévoyaient fin avril.

Pourquoi François Baroin ressuscite le front républicain ?

 
Si les déclarations de La République en Marche ne sont pas une surprise, celles du chef de file des Républicains n’avaient rien d’évident. En réalité et contrairement à ce que laisse entendre François Baroin, voilà plus de 5 ans que la droite se divise concernant l’attitude à tenir dans les élections face au Front National. Au lendemain du premier tour de la présidentielle qui avait vu l’élimination de François Fillon, LR avait eu de longues et houleuses discussions pour finir par trouver un compromis excluant l’abstention face à Marine Le Pen sans toutefois soutenir ouvertement Emmanuel Macron. Un gage accordé à l’aile droite du parti incarnée par Laurent Wauquiez mais vivement critiqué par l’aile progressiste des Républicains, d’Alain Juppé en passant par Nathalie Kosciusko-Morizet.

Depuis, Emmanuel Macron n’a pas cessé de débaucher des ténors de l’aile plus modérée du parti Les Républicains, de Bruno Le Maire à Edouard Philippe en passant par Gérald Darmanin. En appelant explicitement à voter pour les candidats de la majorité présidentielle (et ce même avant le premier tour !) François Baroin veut envoyer un signal fort à l’aile modérée du parti avant que celle-ci ne décide de quitter le navire. Ce lundi, le juppéiste Gilles Boyer, proche d’Edouard Philippe, avait mis la pression sur le sénateur de Troyes en réclamant que le parti prenne clairement position sur cette question des désistements.

Ce changement de stratégie à la veille du premier tour en dit long sur les ambitions des Républicains pour ces législatives. Après avoir chantonné la revanche et s’être imaginés en principale force d’opposition, capable d’imposer une cohabitation à Emmanuel Macron, aujourd’hui Les Républicains se retrouvent à faire campagne sur le fait de voter la confiance au gouvernement Philippe. Une stratégie qui est déjà vivement critiquée par des cadres de l’aile droite du parti, à l’image de Thierry Mariani, député des Français de l’étranger et partisan historique du ni-ni : "Parler de retrait avant le premier tour, c’est complètement prématuré (..)Pour moi, la ligne à suivre est la suivante : on essaie de gagner le premier tour, puis on voit au cas par cas ». SI pour le moment le parti tient encore ses rangs pour faire bonne figure et éviter une déroute totale aux législatives, il est fortement probable de voir les tensions s’intensifier dès le lendemain du premier tour.

Photo : AFP




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