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Monde

Suprématie blanche

La fusillade du lycée de Parkland vient s’ajouter à la longue liste des tueries scolaires aux États-Unis

C’est un drame qui semble se répéter indéfiniment aux États-Unis. L’histoire d’un lycéen prenant une arme et se rendant à son établissement dans l’objectif de tuer un maximum de personnes.

Ce type d’évènements a un retentissement particulier dans les médias et la presse internationale, présenté souvent comme les actes de personnes déséquilibrées. Et pourtant impossible de faire comme si il s’agissait d’un évènement isolés aux Etats-Unis. La fusillade du lycée de Parkfland (Floride) vient s’ajouter à la longue liste de ces drames scolaires américains. Les statistiques sont de rigueur, à l’heure où 18 fusillades au sein d’écoles ont été recensées depuis le début de l’année, et où les chiffres annoncent le nombre de massacre scolaire en constante augmentation depuis 20 ans. Les massacres de Colombine, Sandy Hooke et Maintenant Parkland jalonnent la mémoire collective américaine, oscillant entre sentiment d’injustice et de fatalisme à l’égard d’un phénomène devenue bien trop régulier.

Le mercredi 14 février, Nikolas Cruz, 19 ans, armé d’un fusil semi-automatique, pénètre dans son ancien lycée et tue 17 élèves et professeurs. Le jeune tueur, qui avait annoncé son passage à l’acte sur les réseaux, était connu pour être instable et être un élève « à problème ». Par ailleurs, il était également proche d’un groupuscule d’extrême droite et suprémaciste blanc, Republic of Florida. Présenté avant tout comme un enfant fragile et traumatisé, Nikolas Cruz est présenté comme un énième cas isolé et non comme un extrémiste, alors même que le lien avec son profil psychologique est plus que flou. Comme le rapporte Le Monde : « Le shérif du comté, Scott Israël, n’ai pas confirmé un lien entre ses problèmes psychologiques et la fusillade ». Ces précautions, nul doute qu’il n’y en aurait pas eu besoin pour les médias si, au lieu d’être membre d’une organisation d’extrême droite, celui-ci aurait été lié, de près ou de loin, lié à des milieux salafistes. Souvent, le simple fait d’être « musulman », ou assimilé comme tel, suffit même à glisser sur la piste « terroriste ».

Les tueries scolaires américaines ont pour habitude de relancer le débat sur l’autorisation du port d’armes aux États-Unis, figurant au second amendement de la constitution. Si les américains ne souhaite pas interdire le port d’armes (28 %), ils sont 60% à avoir répondu favorablement à une plus grande régulation de celui-ci lors d’une études mené au lendemain des Tueries de Las Vegas en 2016 (sondage mené par l’institut Gallup en 2016). Port d’armes, mais aussi sécurité à l’école sont au cœur des débats comme après chaque drame de ce type. Quant au raison ayant poussé l’adolescent à commettre ces tueries, la santé mentale de ce dernier semblent être au centre des hypothèses. Ainsi on s’interroge en premier sur le dur passé de Nikolas Cruz et son état mental, là où un individu racisé aurait été soupçonné de fondamentalisme et d’acte terroriste. L’enquête sur Nikolas Cruz suit son cours et il est encore trop tôt pour affirmer les réel motifs qui l’on poussé à commettre de tels actes. En revanche, on peut noter que la tuerie du Lycée Parkland risque d’ores et déjà d’être attribuée aux actes d’un déséquilibré plutôt qu’à ceux d’un extrémiste suprématiste blanc. Un deux poids, deux mesures qui en dit long sur le racisme et l’islamophobie grandissante, de l’autre côté de l’atlantique mais aussi dans les médias français.




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