Notre classe

Malgré les manipulations de la presse

La grève à la SNCF reste populaire au sein de la population

Publié le 31 mai 2016

Elo S. Mytilène

Comme les médias aiment à le souligner, nous sommes très près du début de l’Euro 2016 et en pleine période de BAC. La grève des cheminot.e.s à la SNCF commence-t-elle à déplaire à la population ? 

Ce 31 mai, le journal Le Monde commence l’un de ses articles avec la citation d’Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux transports qui qualifie la mobilisation des cheminots qui démarre mardi 31 mai au soir d’« un mouvement certes sérieux mais qui ne sera pas de l’ampleur qu’on pouvait imaginer  ». Dans cet article on déclare que «  le Medef a appelé, mardi, les entreprises touchées par les blocages liés à la contestation de la « loi travail » à porter plainte pour « délit d’entrave à la liberté du travail » ». Exprimant ainsi la nouvelle tactique des patrons pour mettre fin à cette grève. 

Alors qu’un sondage lancé par Le Point indique que 76,6 % des interrogés voudraient interdire le droit de grève aux fonctionnaires, le 26 mai sur TF1, un sondage IFOP montrait que 62 % des répondants estiment que le mouvement contre la loi travail est justifié.

La Tribune des Travailleurs annonce le même jour que « la presse continue à publier des sondages selon lesquels une forte majorité de français estiment le mouvement social contre la loi travail « justifié » et désignent Hollande et Valls comme « principaux responsables des tensions sociales actuelles » ».

Le JDD introduit son article par : « A une dizaine de jours de l’Euro 2016, s’ouvre une nouvelle semaine de contestation contre la loi Travail » Précédé d’un sondage annonçant que 81 % des participants à l’enquête soutiennent les grévistes de la SNCF. Pour continuer sur Manuel Valls qui affirme « dans Le Parisien qu’il irait "jusqu’au bout" et ne lâcherait pas sur l’article 2, face à la rue et la CGT ». Peut-être pour mettre en avant le fait que les cheminot.e.s ont raison de se mettre en grève ?

Le 31 mai, Le Figaro annonce qu’« à onze jours de l’ouverture de l’Euro 2016 de football » il y aura des « perturbations dans les transports qui se feront sentir mercredi en raison de [ces grèves] » qui « seront significatives mais pas paralysantes. 60% des TGV, 30 à 40% des trains régionaux circuleront ». Bien que le Figaro utilise un semblant de neutralité quant à la question de l’utilité d’une grève à la SNCF ou non, remarquons tout de même qu’il pointe du doigt l’évènement tant attendu qu’est l’Euro, tout comme le JDD, impliquant ainsi l’idée d’un risque à ce que celui-ci ne se déroule pas comme prévu. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls médias à introduire leurs articles par ce fait.
 
Le 27 mai, BFM TV annonce : « A en croire 56% des Français interrogés dans le cadre d’un sondage MCI-Odoxa pour France Info et le Parisien-Aujourd’hui en France paru mercredi, la fronde contre la réforme El Khomri risque de perturber la tenue de l’événement. L’invitation de l’intersyndicale à amplifier la mobilisation pourrait leur donner raison ».

Libération, lui, choisit de consacrer un article entier à l’explication de certaines raisons pour lesquels les cheminot.e.s font grève - nous pouvons percevoir un penchant positif envers ces grévistes, notamment lorsqu’ils récupèrent des citations chocs, comme celle de Gilbert Garrel, critique des discussions de marchand de tapis : « Dans un Paris-Marseille à 100 euros, le coût en personnel, c’est 6 % du prix du billet. Même si on réduit cette part de 30 %, vous allez gagner 2 euros ! »

Le patronat et le gouvernement peuvent donc être officialisés comme étant les moins populaires au sein de la population. Les médias semblent obligés de le dire, il est évident aujourd’hui que la France soutien les cheminot.e.s de la SNCF malgré qu’elle soit "prise en otage" !