Société

Pour obtenir vérité et justice

La lettre d’Assa Traoré à son frère Adama tué par les gendarmes

Publié le 15 septembre 2016

Depuis la mort d’Adama Traoré, tué par les gendarmes le 19 juillet, les différents témoignages confirment toujours plus la responsabilité des forces de polices. Le dernier témoignage en date d’un pompier intervenu sur les lieux du crime, contredit même la version des gendarmes : « Quand j’arrive sur la victime, il y a du monde autour mais personne ne s’en occupe », explique-t-il. Petit à petit, les mensonges éclatent au grand jour, tandis que les faits s’éclaircissent. Non seulement après l’avoir tué, les forces de polices l’ont laissé mourir. Pour éclaircir les faits et obtenir justice, quant à ce crime pour le moment impuni, Assa Adama se bat, depuis la mort de son frère, aux côtés de membres de sa famille et de soutiens pour obtenir vérité et justice. Nous relayons la lettre lue par Assa Traoré à son frère sur le plateau de l’émission Quotidien, diffusée le 13 septembre 2016 sur TMC.

Je m’appelle Assa Traoré, j’ai 31 ans, et un frère en moins depuis le 19 juillet 2016.
Oui ce soir-là, notre vie a basculé dans l’horreur et le drame.

Adama Traoré est mort.

Le petit frère et le grand frère d’une fratrie de 16. Le fils de ma mère.

Adama mort dans des conditions atroces dans les locaux de la gendarmerie. Une mort qui est une histoire dure à raconter, mais elle est réelle. Elle commence plus de cinq heures avant que nous apprenions sa mort.

Cinq heures pendant lesquelles personne ne nous a tenu-e-s informé-e-s de ce qui se passait dans la gendarmerie. Pendant tout ce temps, que s’est-il passé ? Que veulent-ils nous cacher ?

Adama a été interpellé, pourchassé, sans aucune raison. Adama est laissé pour mort.

Quelles ont été tes dernières pensées Adama ?

J’ai mal. Ma famille a mal. Ma mère a mal. Et Hawa sa jumelle en a perdu le souffle.
Je veux savoir ce qui s’est passé. La vérité a toujours surgi.

Toi mon frère qui est beau, fort, souriant, aimé de tous, tu es mort le jour de ton anniversaire. On t’aime tellement, chacun souffre à sa façon.

C’est dur pour moi de voir mes frères et sœurs se lever chaque jour avec cette souffrance, et ce vide.

Nous allons nous battre pour une justice juste pour toi Adama.

Ton nom est rentré dans l’Histoire.

Aujourd’hui, nous voulons que justice soit faite.