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Jeunesse

Encore 800 personnes en AG

La lutte contre la fusion et la sélection continue au Mirail

Après la dernière journée de mobilisation réussie du mardi 6 février à Toulouse contre les attaques gouvernementales visant à instaurer la sélection à la fac, les étudiants et personnels du Mirail se sont à nouveau réunis en assemblée générale le 8 février.

Ce jeudi 8 février s’est tenue une nouvelle Assemblée Générale (AG) sur la fac du Mirail réunissant entre 700 et 800 personnels et étudiants contre la fusion et le Plan étudiant, et ce malgré la neige.

La grève a été revotée jusqu’à la prochaine AG qui aura lieu le mardi 13 février. Par ailleurs, une délégation d’étudiants et personnels grévistes, représentants de de l’intersyndicale, du comité de mobilisation étudiant et du collectif des personnels (comité de grève) a été envoyée à la Commission Nationale de l’Education (CNE) qui se tenait le jour même à Paris à 18h. Les délégués de la fac du Mirail ont reçu comme mandat de l’AG d’œuvrer à la convergence sur la date qui émergerait des organisations de l’enseignement supérieur et de l’éducation ; ainsi que de lutter contre la division des dates régulièrement semée par les directions nationales des syndicats dans différents mouvements comme récemment contre les ordonnances « Loi Travail XXL ». Ces directions redoutent souvent de perdre leur statut d’interlocuteur privilégié vis-à-vis du gouvernement au profit de représentants des étudiants et des travailleurs qui, au Mirail, commencent à s’organiser en dépassant ces mêmes directions. Ce n’est qu’en frappant tous ensemble sur le même clou, en évitant l’éparpillement des luttes et l’essoufflement de mobilisations esseulées, que toutes les luttes pourront accentuer le caractère explosif de la situation actuelle provoquée par le gouvernement.

En parallèle, les vacataires de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) s’organisent pour l’obtention de conditions de travail dignes, notamment pour être payés en temps et en heure : payés, à la tâche, tous les 6 mois, les paies prennent déjà du retard. Le Collectif précaires du Mirail a pris la parole lors de l’AG pour rappeler leur lutte. Des liens entre les cadres de luttes existants sur la fac et leur lutte doivent nécessairement être tissés, notamment au travers de la revendication, adoptée par l’AG en janvier, de la titularisation de tous les vacataires et du réengagement par l’université de tous les travailleurs sous-traités pour l’entretien.

Des formes originales de mobilisation émergent dans certaines filières, particulièrement en philosophie, en lettres et en musicologie. Les étudiants en musique animent déjà les manifestations avec une batucada et ont organisé dans l’après-midi de jeudi une scène ouverte de jazz dans le hall de leur bâtiment. Ces cadres d’auto-organisation qui apparaissent à l’initiative d’enseignants, de personnels BIATSS et d’étudiants grévistes permettent de massifier la grève, de proposer des cadres de débats et de faire apparaître des formes alternatives de cours et de transmission du savoir.

Après l’AG, les personnels et les étudiants se sont rendus à la Maison de la Recherche, où sont réunis les différents labos de recherche de la fac, afin de la bloquer, ou du moins, de la bloquer encore plus, étant donné que les accès étaient déjà obstrués. Les enseignants-chercheurs sont en effet peu mobilisés pour le moment. Beaucoup espèrent bénéficier des maigres financements des IDEX (Initiative d’Excellence) qui seraient obtenus si le projet de fusion était validé. Mais leur faible taux de mobilisation s’explique aussi par une mécompréhension voire une désinformation sur les conséquences du processus de fusion et du plan étudiant. Les pressions sur le « futur ex-président » de la fac, Daniel Lacroix, s’accroissent, cette fois, de la part des chercheurs. L’occasion encore une fois, de rappeler que la mobilisation sur l’université et les différents blocages ou lieux fermés à cause de la grève (bibliothèques, centre d’orientation, services administratifs...) ne le sont que par la faute du président. C’est lui qui, en trahissant ses mandats, a déclenché la mobilisation. D’une part, le Mirail exige la démission de Daniel Lacroix et le retrait du projet de fusion. D’autre part, il est clair que c’est une lutte à l’échelle nationale, et en convergence avec d’autres secteurs attaqués, qui doit s’amorcer pour battre en brèche le gouvernement et son projet de « Plan Etudiant » qui ne prévoient que de renforcer la sélection sociale.

Intervention de Marina, étudiante et syndiquée à Solidaires Etudiant.e.s

Intervention d’Yvan, personnel gréviste et syndiqué à SudEduc




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