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Notre classe

Grève illimitée

La lutte des conducteurs de matières dangereuses continue

À l’appel de la CGT, les chauffeurs de produits dangereux sont en grève illimitée depuis le 26 mai. Le mouvement s’étend et les blocages continuent. Mis en difficulté par la combativité et la détermination des travailleurs de ce secteur-clé, l’État et le patronat intensifient la répression.

Crédit photo : FacebookCGT Transports

Grève illimitée et élargissement de la lutte à des nouveaux secteurs

Les chauffeurs de camion-citernes ont poursuivi leur mouvement de grève ce lundi. L’un de leurs objectifs est d’amplifier leur lutte afin de créer un rapport de forces qui leur permettra d’obtenir de nouveaux droits et de meilleures conditions de travail. À ce jour, environ 80% des chauffeurs d’Île-de-France sont en grève. Ils ont mis en place des barrages filtrants devant différents centres pétroliers de la région : 8 sur 9 sont actuellement bloqués. Stanislas Bauge, de la CGT Transport, que nous avions interviewé, déclarait que « si le mouvement dure, les stations vont vite manquer de carburant ».

De plus, les opérateurs de chargement et déchargement du groupe Total envisagent aussi de se mettre en grève, sur les sites de Pont-les-Valence, Gennevilliers, Toulouse et Valenciennes. Et certaines raffineries commencent à suivre le mouvement comme celle de Grandpuits en Seine-et-Marne. Ce lundi soir, les travailleurs de ce secteur stratégique votaient massivement la reconduction de la grève à échelle nationale.

La répression du mouvement s’amplifie aussi !

Alors que les syndicats patronaux déclarent publiquement que la grève n’a aucun impact sur l’approvisionnement des stations-services, certains centres bloqués commencent à subir des pressions. C’est notamment le cas à la Rochelle, où le Préfet souhaite que les blocages cessent et appelle explicitement à ne pas reconduire le mouvement, en tentant d’intimider certains grévistes, ce qui est totalement contraire au droit de grève. La préfecture, par ce biais, montre ouvertement son allégeance au patronat.

Autre fait de répression à Gennevilliers, où les forces de répression (et notamment les gendarmes mobiles) ont débloqué le site en utilisant la force et en fouillant toutes les voitures entrant sur le site, créant des embouteillages. Par ailleurs, pour maintenir une pression constante sur les travailleurs en lutte et tenter de briser la grève, certaines usines de production utilisent des intérimaires pour remplacer les grévistes, ce qui est totalement illégal.

Des revendications nécessaires à l’amélioration de conditions de travail difficiles

L’une des revendications centrales que porte la CGT concerne le temps de travail des chauffeurs. Ils soulignent que « pour certains travailleurs, c’est 56 heures de travail par semaines avec un salaire minimum ». Ils souhaitent une durée journalière n’excédant pas les 10 heures, ainsi qu’une rémunération à hauteur de 14 euros de l’heure et le treizième mois.

Depuis le 10 mai, aucune réponse n’a été apportée quant aux revendications des travailleurs. Depuis le début du mouvement de grève, le patronat du transport routier refuse de négocier avec les grévistes, et en particulier la CGT, qui est à l’initiative de ce mouvement. Les fédérations patronales FNTR et TLF ont déclaré ce lundi que « ces revendications sont portées par le seul syndicat CGT et qu’aucune négociation n’est envisageable avec un seul syndicat ».

Beaucoup de travailleurs de ce secteur, où les conditions de travail sont particulièrement difficiles, alors qu’ils doivent transporter et livrer des matières dangereuses (gaz, pétrole, produits chimiques…), sont à bout et sont prêts à poursuivre et intensifier leur lutte, même si la répression s’intensifie.

Les médias dominants, main dans la main avec les patrons contre les salariés

Certains grands médias commencent déjà à parler de « pénurie » et incitent les usagers à réduire leur consommation d’essence durant leurs déplacements, pointant du doigt les grévistes « preneurs d’otage ». Un moyen évident de ne pas aborder les problèmes de fond, et notamment les conditions de travail difficiles pour les travailleurs du secteur. Ainsi, ils couvrent le patronat, qui refuse de prendre en considération la moindre revendication.

Pourtant, par leur détermination, les grévistes sont en train d’instaurer un véritable rapport de forces. Le transport de matières dangereuses, et notamment de pétrole, est un secteur stratégique, pouvant avoir des conséquences sur de nombreuses entreprises et un impact direct sur le porte-monnaie du patronat. Mais c’est aussi une épreuve de force pour le nouveau gouvernement, qui craint par-dessus tout que la lutte s’étende à d’autres secteurs et permette aux travailleurs et à la jeunesse de se préparer face aux attaques qu’ils comptent faire passer dans les prochains mois.




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