Monde

On n’arrête pas le progrès (ni les profits)

La machine à polluer capitaliste ? Un demi-million de morts par an en Europe

Publié le 25 novembre 2016

La première cause de décès prématurés en Europe ? Vous avez dit Daech ? Le tabagisme ? Et bien non, c’est la pollution de l’air qui est responsable d’un demi-million de décès prématurés chaque année, selon une étude de l’Agence européenne pour l’environnement.

Anthony Liam

Cette enquête très sérieuse, élaborée par la non moins sérieuse Agence européenne pour l’environnement, qui n’a rien d’une officine combattant pour une écologie anticapitaliste, nous apprend que 85% des Européens urbains sont exposés à des niveaux de particules fines jugées nocives pour notre santé. Elles sont majoritairement produites par la combustion de carburants fossiles. Et 16% des européens urbains sont exposés à un niveau supérieur aux seuils limite fixés par l’Union Européenne en termes de pollution de l’air.

Ces chiffres proviennent d’une institution dépendant directement de Bruxelles. L’UE s’est dotée de nouvelles normes visant à réduire la pollution atmosphérique en limitant notamment la production d’azote, de dioxyde de souffre et de particules fines. Ces mesures, visent à faire diminuer l’impact de ces polluants d’ici 2030. D’ici-là, on a bien le temps de mourir…

Cependant, bien que l’UE légifère sur ces questions, elle est incapable de résoudre le problème en profondeur. Et ce, car les normes imposées par l’UE ne seront sûrement pas respectées quand les intérêts patronaux sont en jeu. Les objectifs en termes d’émission de microns, particules nocives pour la santé dans l’air, n’ont pas été respectés. De toute façon, depuis quand l’UE souhaiterait contraindre les capitalistes à diminuer massivement leurs émissions de produits nocifs au détriment de leurs profits ?

Le système économique et ses institutions sont incapables de proposer des solutions durables pour résoudre les problèmes environnementaux : il laisse une minorité produire comme bon lui semble, pour engranger un maximum de profits. Penser une production au service, réellement, de nos besoins, respectueuse de l’environnement et de notre santé, ce serait une production sous le contrôle des travailleurs et des travailleuses, seule à même de mettre fin à ce désastre de santé publique.