Société

Répression de liberté d’expression en solidarité avec le peuple palestinien

La mairie de Montpellier lance la police contre BDS

Publié le 18 octobre 2015

Dom Thomas

Ce samedi 17 octobre à Montpellier, plus d’une centaine de personnes sont venues défendre la liberté d’expression politique de collectif BDS34, dont le stand avait été interdit par la mairie de Montpellier en juin dernier sous la pression de la LICRA et du CRIF. Un rassemblement troublé par les forces de l’ordre, qui ont tenté de démonter le stand. La détermination des manifestants a permis de gagner la bataille. Une nouvelle fois, preuve est faite, au travers cet exemple, que la solidarité avec le peuple palestinien, et plus largement la défense de la liberté d’expression, sont une lutte de tous les instants.

La campagne BDS – pour Boycott, Désinvestissement, Sanctions – est une campagne internationale non-violente lancée en 2005 par la société civile palestinienne, face aux oppressions quotidiennes subies de la part du gouvernement et de l’armée israëliens. Faisant appel à la solidarité internationale, elle vise à mettre la pression sur le gouvernement israëlien par en incitant au boycott des produits israëliens, y compris culturels et sportifs, mais aussi à l’arrêt des investissements en Israël et l’application des sanctions qui auraient dû être mises en œuvre à l’échelle internationale. A Montpellier, le collectif BDS34 tient depuis plusieurs années un stand chaque samedi sur la place de la Comédie, afin d’informer les passants sur la situation en Palestine, et de les inciter à rejoindre le mouvement.
Face aux succès obtenus par BDS à l’échelle internationale (désinvestissement de la société Orange) comme locale (échec du projet Agrexco à Sète), le gouvernement israëlien contre-attaque. Dès 2010, grâce à la complicité de Michèle Alliot-Marie, l’appel au boycott est interdit ; cette mesure est ouvertement prise en réponse au lancement de la campagne BDS en France, qui n’a eu lieu qu’en 2009. Cinq militants sont ainsi poursuivis à Toulouse pour distribution d’un tract appelant au boycott, et passeront en procès en décembre prochain.

La Mairie de Montpellier complice de la LICRA et du CRIF

La campagne BDS est depuis longtemps dans le collimateur de la LICRA et du CRIF, qui se cache derrière l’étendard des accusations d’antisémitisme pour museler toute expression politique critiquant le gouvernement israëlien. Dans plusieurs villes, ces organisations hypocrites ont obtenu gain de cause. A Montpellier, le stand tenu tous les samedis sur la principale place de la ville a ainsi été interdit, la mairie faisant savoir par voie de presse que BDS devrait désormais demander une autorisation deux mois à l’avance, et serait assimilé à un stand d’artisanat et de commerce.
Face à cette restriction manifeste de la liberté d’expression politique, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées samedi 17 octobre à l’appel de nombreuses organisations, pour soutenir les militants de BDS et imposer la tenue du stand.
Au moment où une conférence de presse devait avoir lieu, la police est intervenue violemment pour démonter le stand, arrachant un drapeau, tordant la tente qui protégeait le stand, et distribuant des coups au passage. Scandaleuse brutalité d’une attaque policière, témoignage supplémentaire de la vivacité de la répression dont l’Etat capitaliste est capable dès que certains s’opposent à ses intérêts.
Face au nombre de personnes présentes et à leur détermination, la police a cependant dû abandonner la partie pour aujourd’hui.

Les militants de BDS menacés partout en France

La répression subie par le collectif BDS de Montpellier est loin d’être un cas isolé. On a mentionné plus haut le procès des militants toulousains qui aura lieu en décembre. A Toulouse encore, c’est le co-président de l’UJFP, Pierre Stambul, qui avait été arrêté violemment en pleine nuit en juin dernier, à la veille de sa participation à une conférence organisée par BDS ; et ce quelques mois après l’interdiction d’une réunion de BDS par le maire de Toulouse fin mars, sous prétexte que BDS prônerait la discrimination des personnes de confession juive. A Bordeaux, ce sont l’UNEF, la LICRA, le MET et l’Union des Etudiants Juifs de France qui ont tenté de faire interdire une conférence de la semaine contre l’apartheid israëlien. De son côté, l’université Paris 1 avait également interdit la tenue d’une conférence organisée par Génération Palestine en mars dernier. On pourrait citer encore de nombreux exemples ; on retiendra néanmoins le plus absurde, celui de Mariano Pusceddu, paysan bio verbalisé pour « incitation à la haine raciale » parce qu’il avait suspendu des t-shirts de BDS sur son stand au marché de Lodève (Hérault).

Depuis l’été 2014 et les interdictions par le gouvernement Valls de manifester, c’est l’ensemble des campagnes ou expressions de soutien au peuple palestinien, en particulier dans le contexte actuel où une révolte à grande échelle se dessine à nouveau contre l’oppression coloniale et policière exercée par l’Etat d’Israël, qui sont sur la sellette. Ce que la campagne BDS subit l’illustre une nouvelle fois. Plus largement, cela montre que la liberté d’expression politique n’est jamais acquise. La répression de l’Etat et des collectivités locales s’appuie sur d’importants dispositifs policiers pour museler tou.te.s celles et ceux dont la voix dérange. Face au gouvernement et à ses relais locaux, mobilisons-nous contre toute criminalisation des mouvements sociaux et du militantisme syndical et politique, et pour défendre sans baisser la garde la liberté d’expression et de manifestation !