Politique

Que fait la Police ?

La manif des flics fait un flop à République

Publié le 18 mai 2016

Ils sont peu nombreux ce midi place de la République pour manifester contre la "haine anti-flics" : 500 à 700 policiers, de la Nationale, de la BAC et des CRS étaient là, selon nos estimations. Côté syndical, c’était surtout Alliance (de la confédération CFE-CGC) ainsi que l’Unsa qui voulaient exprimer leur "incompréhension" face au désamour des forces de l’ordre.

Arthur Nicola

Littéralement, il y avait plus de gendarmes et CRS pour protéger la manifestation que de manifestants, qui n’ont pas pris le risque de faire un cortège et qui sont restés statiques sur la place. Un podium a été monté pour que les leaders syndicaux réaffirment leur volonté de voir un pays de plus en plus sécuritaire aimer ses forces de répression. Le rassemblement, très faible numériquement, était cependant très encadré et policé : pas question de troubler la circulation, qui était maintenue, et pas question de rentrer sur la place sans carte de police. Les patrons de bar allaient chercher leurs employés par la main. Pour rentrer il fallait donc faire la plonge ou porter du plomb.

Nos envoyés sur place ont ainsi dû, pour rentrer dans l’espace du rassemblement, ouvrir trois fois leurs sacs et justifier de leur venue... Manifestement, la place était privatisée aujourd’hui madame la maire : il faut rapidement écarter ces protestataires !

Plus que jamais, la haine est au cœur du discours des flics, qu’ils soient leaders syndicaux ou simples porte-flingues pour Cazeneuve. Interrogé, un syndicaliste de l’Unsa, nous rappelait qu’il était impensable de voir des manifestations contre les violences policières :
"Est-ce que vous trouvez que c’est normal quelques mois après l’assassinat en direct d’un collègue à la télé par un terroriste de voir des gens aller manifester pour rappeler les morts tués par la police. La police n’a jamais tué personne. Arrêtez de dire que le jeune Fraisse a été tué par la police, il a ramassé une grenade et, malheureusement pour lui, il est décédé. Les morts par la police n’existent pas, ça n’existe plus en France."

Et s’il restait encore des doutes sur le caractère nauséabond de ce rassemblement, il suffit de citer les personnalités politiques qui ont fait le déplacement.
Les députés FN Marion Le Pen et Gilbert Collard du Rassemblement Bleu Marine étaient bel et bien aux côtés des policiers "contre la haine anti-flics", pour le plus grand bonheur des agents, qui non content de voter massivement pour le FN, prenaient des selfies avec les deux députés.