Politique

Etat d’exception

La manifestation parisienne de dimanche interdite par la préfecture

Publié le 21 novembre 2015

Comme cela était prévisible, la manifestation parisienne de dimanche en solidarité avec les migrants à l’appel de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives et qui prenait, dans la situation actuelle, une connotation toute particulière, a été interdite par la préfecture de police. L’interdiction de manifester a été prorogée jusqu’au 30 novembre, une façon également pour suspendre la grande manifestation qui devait se tenir à la veille de la COP21, le 29.

Comité de Rédaction, 21/11/15

Malgré les attentats de vendredi et dans le cadre de l’instauration de l’état d’urgence, le cadre unitaire regroupant les organisant appelant à la manif de solidarité avec les migrants du dimanche 22 s’était majoritairement prononcé pour son maintien, y compris pour faire entendre une voix nécessaire, à contre-courant de la grosse-caisse nationaliste et chauvine appelant à l’union sacrée pour mieux bombarder la Syrie, renforcer la politique militariste de Hollande ainsi que les attaques remettant en cause les libertés fondamentales et contrer le climat de racisme anti-musulman.
Jeudi 19, néanmoins, il a été notifié aux camarades ayant déposé la demande de manifestation en préfecture que tout rassemblement était proscrit. Dans cette situation, une partie des organisations ont retiré leur appel à manifester. D’autres le maintiennent et certaines affirment qu’elles seront présentes sans pour autant relayer formellement l’appel pour des raisons évidentes.
On ne peut que regretter que dans le cadre de cette attaque en règle contre les libertés fondamentales instaurant, au nom du tout sécuritaire, une sorte d’état d’exception permanent pendant les trois prochains mois, que les réactions soient aussi timorées, à gauche, alors qu’à l’Assemblée l’écrasante majorité des députés a assuré Hollande-chef-de-guerre de leur confiance. L’extrême gauche et les équipes syndicales combatives qui refusent de marcher au pas et d’entrer dans la combine de l’union sacrée se doivent de proposer un cadre permettant de penser une résistance contre la guerre et contre les attaques liberticides, la seule façon pour envisager, sur le terrain social également, une contre-offensive. C’est dans cette logique, d’ailleurs, que nous nous inscrivons.
Pour ce qui est de dimanche, il est évident que dans le cadre actuel, celles et ceux qui manifesteraient à Bastille ne sauraient le faire que dans un cadre militant, compte-tenu de la présence policière et des probabilités de répression.
Les organisations qui ont relayé, dans un premier temps, l’appel à manifester dimanche se sont réunies vendredi matin et ont émis un communiqué que nous reproduisons ci-dessous.

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L’ensemble des organisations signataires de l’appel à manifester, le 22 novembre, en solidarité avec les migrants condamne l’interdiction qui frappe cette manifestation.
Après les terribles attentats qui ont endeuillé Paris, cette manifestation serait l’occasion de réaffirmer notre solidarité avec l’ensemble des victimes et participerait de la réponse aux attentats qui ont ensanglanté Paris..
Qu’ils/elles soient nomméEs réfugiéEs, migrantEs ou sans-papiers ils/elles sont aussi des victimes des guerres, des violences et de la misère qui les ont contraintEs à quitter leurs pays.
Parmi les organisations certaines appellent à maintenir la manifestation, d’autres, sans appeler, seront présentes place la Bastille, certaines enfin n’appellent plus à manifester.
Toutes se retrouveront dans les plus brefs délais pour envisager les suites à donner à nos mobilisations en solidarité avec l’ensemble des migrantEs.