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Politique

Scandales à géométrie variable

La petite vertu antiraciste de Bruno Retailleau

Bruno Retailleau n’est pas seulement le leader maximo de « Force Républicaine », le petit courant des irréductibles fillonistes au sein de LR. C’est aussi un grand humaniste, très impliqué dans la lutte contre le racisme. Sa dénonciation outrée du clip « Pendez les Blancs » de Nick Conrad, aux côtés du député lepéniste Gilbert Collard, en témoigne.

Crédits photo : FRANCK DUBRAY

Retailleau, c’est la France. La France vendéenne. La France éternelle, celle qui commence à Cholet, sa ville de naissance, et finit au Puy-du-Fou, chez son ancien mentor, Philippe de Villiers, aux côtés de qui il a fait ses armes, au Mouvement Pour la France (MPF). Si Retailleau a autant peur des « racistes anti-Blancs », c’est sans doute, aussi, parce que le Blanc (royal) est sa couleur.

En termes de racisme, néanmoins, Retailleau est en bonne position dans ce que l’on peut faire de plus classiquement réactionnaire. Pilier de l’équipe de campagne de François Fillon, en 2017, il avait réussi à mettre en place un petit QG opérationnel, pour son candidat, construit autour d’une belle brochette d’anciens d’Occident et du GUD.

Mais il faut le comprendre : Retailleau est soucieux de ses racines, notamment contre « les Africains ». En effet, déclarait-il en 1997, « les gens qui viennent et notamment l’immigration africaine, ce sont des gens qui n’ont pas la même culture que nous, ce sont des gens qui viennent non pas pour être Français mais souvent pour profiter des droits sociaux français ».

Cela ne veut pas dire, pour autant, que Retailleau soit mono-colore. Il aime aussi les Bleus. Et quand Benzema a l’outrecuidance de remettre en cause la décision de Didier Deschamps de ne pas le faire jouer au sein de l’équipe de France pour l’Euro 2016, Monsieur le Sénateur parle de « racisme à l’envers » symbolisant « tout ce que l’on peut détester ».

Et comme Retailleau a la détestation facile, notamment vis-à-vis des couples homos qui souhaiteraient se marier, ce grand adepte de la Manif pour Tous ne s’est pas privé de le faire savoir, notamment lors d’un débat au Palais du Luxembourg, en avril 2013. En s’adressant à Esther Benbassa, sénatrice écolo, il n’a pas manqué de lui faire remarquer : « Nous n’avons pas la même couleur politique. D’ailleurs d’autres couleurs non plus ».

« Il y a des Blancs que je déteste mais ce n’est pas du tout parce qu’ils sont blancs ! », disait, à la fin de sa vie, Aimé Césaire. Retailleau, grand pourfendeur de racisme et très tatillon en matière de couleurs devrait immédiatement porter plainte contre l’auteur du Discours sur le colonialisme. Avec un peu de chance, peut-être réussira-t-il à le faire condamner pour « incitation à la haine ». Par contumace, bien sûr.




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