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Société

Violence d’État

La police évacue un bidonville à Gennevilliers

Alors que le camp avait commencé à se monter en juillet 2016, il avait été prévu par la préfecture que ce qui été devenu un bidonville accueillant près de 500 personnes serait évacué et détruit dans la journée. C’est chose faite, laissant une nouvelle fois dans l’errance des centaines de familles.

Crédits photo : MaxPPP / Francois Lafite

Cela faisait plus d’un an que des personnes issues de la communauté Rrom s’étaient installé sur un talus à proximité de la voie rapide N315, près de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine. Ce « bidonville » abritait sommairement 500 personnes dans des conditions insalubres, à défaut d’avoir les moyens d’aspirer à mieux. Après la décision du tribunal datant du 4 mai, la préfecture pouvait procéder à l’évacuation à partir de ce lundi. Ce qu’elle s’est donc empressé de faire.

Le maire PCF de Gennevilliers, Patrice Leclerc avait déjà à deux reprises organisait des opérations « escargot » pour exiger l’évacuation du camp, et accélérer le processus. Il était soi disant inquiet pour la sécurité routière et arguait que ces personnes méritaient à un accès décent au logement. Le fait que les habitants du bidonville aient été sommés de partir sans solution de relogement à la clef n’a pas semblé poser problème pour autant. La misère n’étant pas belle à voir, et puisqu’il n’est pas dans les intérêts des autorités de répondre à cette crise humaine, mieux vaut l’expulser.

La plupart des individus et des familles, prévenus en amont de la décision d’expulsion, étaient déjà partis au moment fatidique sous peine de s’exposer – encore – à une forte répression policière. Seules cinq familles, ne sachant pas où aller, ni quoi faire, sont restées sur place et ont donc été confrontées à la vingtaine de camions CRS mobilisés pour l’opération.

Les CRS sont partis en début de matinée après s’être assuré que tout les habitants étaient partis, laissant le champ libre aux pelleteuses pour emporter ce qui fût pendant plus d’un an le lieu de vie de centaines de personnes. La destruction et le nettoyage du camp prendront encore dix jours. Puis, la Direction des route d’Île-de-France investira pour aménager le lieu...afin que personne d’autre ne puisse s’y installer.

Un des habitants restait sur place témoignait pour Le Parisien : « Ici, c’était chez nous. Je ne comprends pas pourquoi ils détruisent tout. Je ne sais pas où on va aller maintenant ». Les Rroms qui habitaient ce camp ne seront évidemment pas relogés, seulement laissés à la dérive, à l’exil quotidien et à la répression.




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