Monde

Réfugiés en Grèce

La police grecque déloge des réfugiés et retient des journalistes à la frontière.

Publié le 11 décembre 2015

Les associations de presse en Grèce ont dénoncé l’interpellation de quatre journalistes et photographes reporters par la Police Grecque pendant l’expulsion ce mercredi des réfugiés bloqués à la frontière macédonienne.

Issu du site "La Izquierda Diario", Traduit par Elise Duvel

L’Union des Journalistes d’Athènes a signalé dans un communiqué que cet acte « est une tentative de restreindre le droit constitutionnel de la liberté de la presse ».

Mercredi, à la première heure, la police hellénique a expulsé plus de 2000 personnes, originaires principalement du Pakistan, du Maroc et d’Iran, ceux que le gouvernement de l’ancienne République Yougoslave de Macédoine ne permet pas d’entrer dans le pays depuis quasiment trois semaines.

Durant l’opération, les forces de sécurité n’ont pas permis la présence des journalistes, reporters photographes et membres des organisations humanitaires – à l’exception d’un représentant de l’ACNUR (Agence des Nations Unies pour les réfugiés) - qui demandaient à se situer dans un rayon de trois kilomètres du principal point frontalier où les migrants campaient.

Les agents de police ont détenu quatre journalistes, qui selon les associations de presse n’ont pas respecté les ordres des forces de police et ont été remis en liberté une demi-heure après, sans aucune charge retenue à leur encontre.

Durant l’opération, dix réfugiés de différentes nationalités ont été détenus.

« La détention s’est maintenue alors que les journalistes se sont clairement identifiés aux autorités et alors qu’ils se situaient dans une zone où les autorités n’avaient pas annoncé de restrictions d’accès », a signalé l’Association de la presse étrangère de Grèce dans un communiqué.

L’Union des photographes helléniques s’est prononcée dans le même sens et a qualifié cet événement de « détention arbitraire » en accusant les forces de sécurité « d’abolir les droits garantis par la constitution de liberté de la presse et de droit à l’information publique ».

Les personnes délogées ont été transférées en majorité dans les centres d’hébergement d’Athènes et le reste envoyé en train à Salonique, seconde ville du pays.

A nouveau, jeudi dernier, 4500 personnes en provenance des îles Egées ont débarqué dans le port du Pirée à Athènes, alors que l’hiver arrive, les canots continuant d’arriver chaque jour depuis la Turquie.

Selon les chiffres du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (ACNUR), durant les onze premiers mois de cette année, la Grèce a reçu le plus grand nombre de réfugiés et de migrants qui sont arrivés par la voie maritime en Europe, plus de 770000 personnes.

Au moins 217 personnes sont mortes durant la traversée de la mer Egée en tentant d’arriver sur les côtes grecques et 126 personnes sont portées disparues.

Par ces dernières actions de la police grecque, délogeant les réfugiés et détenant les journalistes, le gouvernement grec montre son parfait alignement sur les politiques xénophobes et racistes de l’Union Européenne.