Politique

Fermeture des agences l’après-midi aux chômeurs sans rendez-vous

La politique de l’autruche a bon dos chez Pôle Emploi

Publié le 9 février 2016

Bill Zabriskie

Les derniers chiffres du chômage de janvier avaient révélé, comme de coutume, une explosion du nombre de demandeurs d’emplois. Des chiffres très certainement en deçà de la réalité, puisque les modes de calculs pris en compte officiellementsont incomplets et minimisent la réalité.

Face à cette nouvelle augmentation, la direction de Pôle Emploi n’a rien trouvé de mieux que de fermer les portes des agences l’après-midi aux demandeurs d’emplois qui n’ont pas pris rendez-vous via internet en amont. Ce faisant, elle affiche une nouvelle fois son mépris des chômeurs et son intention de tout faire pour cacher l’hémorragie par des mesures inhumaines, et refuse toujours l’embauche d’agents supplémentaires. Ces derniers sont débordés par le nombre de dossiers à prendre en charge ? On limite l’accès des chômeurs aux agences ! Une décision révélatrice de l’incapacité totale du gouvernement à faire face à l’explosion du taux de chômage.

Ce lundi, les syndicats CGT et SUD ont appelé à la grève dans les régions Île-de-France, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et Auvergne-Rhône-Alpes. SNU-FSU s’ajoute dans la région parisienne (avec FO) et Auvergne-Rhône-Alpes. Ils dénoncent la déshumanisation de ce service public, qui « semble avoir peur des chômeurs », la dégradation de la qualité de prise en charge des demandeurs d’emplois, et un manque criant d’effectif. Malgré ces conditions de travail scandaleuses et leur constante dégradation, la grève risque d’être peu suivie ce lundi, les syndicats ayant du mal à mobiliser dans ce milieu.

Cette réforme de l’accueil des agences Pôle Emploi a déjà été mise en place dans 9 régions, et sera généralisée à tout le territoire d’ici fin mars. En plus de la dégradation des conditions d’accueil, de prise en charge, et du manque d’effectif, ce qui est dénoncé est également la généralisation du recours à internet pour s’inscrire et prendre rendez-vous, ce qui exclut de fait les personnes n’ayant pas accès à cet outil (par manque de moyen pour se payer un abonnement, par exemple), ou contraint les personnes qui n’y ont volontairement pas recours, à le faire.

Travailleurs actifs et inactifs : des intérêts convergents

Après la mise en place de mesures permettant la radiation plus facile des chômeurs et la manipulation des chiffres du chômage, le gouvernement continue donc dans sa politique inhumaine et méprisante envers les chômeurs. Cette grève, qui n’a pour but que de dénoncer la dégradation des conditions d’accueil et de prise en charge d’un nombre toujours plus important de demandeurs d’emplois, est limitée dans ses revendications. La nécessité est le développement d’une solidarité entre les travailleurs actifs et inactifs (chômeurs), car leurs intérêts sont convergents : les travailleurs inactifs ont besoin d’être embauchés pour avoir un salaire et vivre dignement, et les travailleurs actifs ont besoin d’embauches car leurs conditions de travail se dégradent et la surexploitation augmente, par manque justement d’embauche de salariés supplémentaires.