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Société

Nos quartiers ne sont pas à vendre

La « politique » urbaine de la ville de Toulouse : gentrification et islamophobie

Le processus de gentrification ou embourgeoisement urbain, est un phénomène urbain qui vise à l'appropriation d'espace initialement occupé par des classes défavorisées par des populations plus aisées. Ce processus est de plus en plus fréquent dans les grandes villes qui souhaitent recomposer leur structure socio-spatiale. De plus en plus d'élus s'y attardent et veulent reprendre les quartiers défavorisés pour le bonheur d'une classe privilégiée qui migre de nouveau dans les centres des grandes villes et ainsi pousser les populations pauvres hors des villes comme par exemple Paris.

L’adjoint au maire de Toulouse souhaite réduire la création de « magasins communautaires » pour développer les quartiers et proposer une offre commerciale soi-disant plus attrayante. Ainsi depuis quelques temps déjà, a été mis en place un projet s’appelant « commerces d’avenirs » qui a pour objectif la création d’entreprises nouvelles qui correspondent à l’idée de la diversité que les élus toulousains se font.

Seulement, les élus cherchent des bouc-émissaires pour faire passer la pilule et bien souvent ces quartiers défavorisés en subissent les frais.

Ainsi, l’adjoint au maire de Toulouse, Jean-Jacques Bolzan, souhaite réguler l’implantation de « commerces communautaires », et vise directement le développement des kébabs, des boucheries Halals et autres commerces qu’il souhaite voir fermer. Ainsi, la ville de Toulouse, dans le cadre de son opération « commerces d’avenirs » achète les locaux puis les rénove et les propose aux commerçants indépendants, enfin sauf les Kébabs, boucheries Halals et autres commerces qu’ils ont imaginés comme communautaires à leurs yeux.

C’est opération montre l’islamophobie assumée de la ville de Toulouse, et va de plus faire augmenter drastiquement le niveau de vie, ce qui à terme va extraire les plus défavorisés car les loyers, à cause de la gentrification, vont nécessairement augmenter. Ils se verront dans l’obligation de quitter leurs quartiers pour aller vers des quartiers tout aussi défavorisés. Ainsi la gentrification ne résout jamais la question de la pauvreté et des logements insalubres, seulement elle les renvoie plus loin des regards, à la périphérie des villes.

Cette opération « commerces d’avenirs » fait suite à la politique de développement de la ville dans deux quartiers emblématiques de Toulouse.

Cela nous rappelle le maire de Béziers, Robert Ménard, qui a impulsé la même politique mais avait fait scandale en précisant qu’il « partait en croisade contre les kébabs qui menaceraient l’identité de la France ». Ainsi ces deux politiques se rejoignent, elles sont toutes les deux réactionnaires et stigmatisent à volonté les quartiers populaires de nos villes. Des quartiers très souvent historiques qui au fil des années ont vu une gentrification se développer. Ces politiques qui desservent encore plus les populations défavorisées. Différents bars ou associations ont fermé par la faute des politiques des élus toulousains, faute de financements.

Nos quartiers ne sont pas à vendre. Ces façades de politiques qui prônent la lutte contre le communautarisme pour cacher leur fond islamophobe, ne cachera les réels problèmes des quartiers en difficultés souvent en proie à la difficulté de se soigner, de se loger convenablement dans un lieu salubre et de la précarité généralisée.




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