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La présidence de Paris 1 valide une sélection qui ne dit pas son nom contre le vote des instances universitaires

À Paris 1 comme dans de nombreuses autres facs une mobilisation contre la sélection commence à voir le jour, à l'initiative des personnels, BIATSS et enseignants. Il y a une semaine la CFVU (commission de la formation et de la vie universitaire) et plusieurs conseils d'UFR ont voté contre l'envoi des attendus pour la nouvelle plate-forme remplaçant APB : Parcoursup. Depuis, l'administration et la présidence ont tenté par d'autres biais de faire voter la remontée des attendus, en réalité critères de sélection des futurs étudiants. Face à l’échec de leurs tentatives, Georges Haddad, président de l’université, a aujourd’hui pris la décision unilatérale d’inscrire Paris 1 sur Parcoursup.

Crédits photo : Camille Stromboni

Aujourd’hui avait lieu un Conseil d’Administration (CA), en prévision duquel un point avait été rajouté à l’ordre du jour, concernant la remontée de ces fameux attendus, déjà refusée par de nombreuses instances. Pour empêcher un vote invalidant la décision de la CFVU de se tenir, le CA a été envahi par une quarantaine d’étudiants, enseignants et BIATSS. Après une heure et demie de circonvolutions de la Présidence, et devant le refus des manifestants de quitter la salle, la réunion a fini par être annulée.

Quelques heures après, l’ensemble des étudiants et personnels de Paris 1 recevait un communiqué de la présidence de l’université particulièrement retors. Celui-ci tout en déclarant respecter le vote de la CFVU, et donc de « ne faire figurer sur Parcoursup ni critères ni attendus d’établissement », annonce la mise en ligne sur Parcoursup de l’offre de formation de Paris 1 : « le président décide de faire apparaître l’offre de formation sur la plate-forme ParcourSup sans autres éléments que ceux demandés pour le dossier d’inscription prévu par les textes au niveau national ».

La manœuvre du président de Paris 1, Georges Haddad, est habile, car si celui-ci s’engage à ne pas faire remonter les attendus conformément à ce qui a été décidé par la CFVU et certains UFR, la situation est un peu plus complexe qu’il ne veut le faire croire. D’une part, parce qu’à défaut d’avoir des attendus, le ministère de l’Enseignement Supérieur a déjà mis en place des « attendus nationaux » qui s’appliqueront dans tous les cas, et dont les formulations sont suffisamment floues pour laisser une grande latitude aux universités. En droit par exemple, qui constitue l’une des filières où les universités veulent implanter la sélection de manière prioritaire, l’un des attendus est « d’être intéressé par les questions historiques, sociétales et politiques ». D’autres sont également très restrictifs. Toujours en droit, l’un des attendus est d’avoir suivi « Découverte du Droit » qui n’existe évidemment pas dans tous les parcours au lycée.

C’est donc bel et bien une sélection qui ne dit pas son nom que vient de valider le CA de l’université Paris 1 au mépris des votes de la CFVU et des UFR qui représentent bien davantage les usagers de l’université. A partir de là, deux conclusions découlent logiquement. La première, c’est que c’est bien le mot d’ordre de « non à la sélection » qui doit être revendiqué par les étudiants, personnels et enseignants mobilisés. La seconde, c’est que les conseils représentant les usagers sont loin d’être la « démocratie universitaire » dont se revendiquent les présidents d’université, eux qui s’assoient sans sourciller sur les décisions de la CFVU et des UFR. Georges Haddad a déploré dans son communiqué l’envahissement du CA, parlant d’ « attitudes inacceptables, contraires au bon fonctionnement de la démocratie universitaire ». Mais en réalité, la « démocratie universitaire », ce n’est pas celle de ses conseils d’administration, c’est bien la mobilisation, par la grève et par l’action, des usagers de l’université réunis en Assemblée Générale. C’est cette mobilisation qu’il faut construire à partir de maintenant pour faire entendre au président de Paris 1 qu’il ne nous fera pas avaler aussi facilement la pilule de la sélection, fut-elle aussi bien enrobée.




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