Notre classe

Massacre des emplois et des postes de travail

La rentabilité du groupe PSA en forte progression, oui, mais à quel prix ?

Publié le 4 août 2016

Vincent Duse

Le groupe PSA vient de dévoiler ses résultats du premier trimestre. Il double son résultat net de 1,21 milliard d’euros sur un an, avec une marge opérationnelle de la division automobile record à 6,8 % et un Free cash flow de 1,84 milliard de fonds de roulement. Tous les feux sont au vert, et la presse traditionnelle encense le très bon travail de Carlos Tavares, le PDG du groupe PSA, pour avoir redressé le groupe de la faillite. Dans tout le secteur automobile, on affiche des chiffres plus que bon : Renault avec plus 13,05 % et 25 milliards, et les sous-traitant de rang 1 – c’est-à-dire les plus gros – font de même avec plus de 8 % pour Plastic Omnium, 3,4 % pour Faurécia, etc. Mais revenons a la réalité de ces gains qui font tourner la tête du patronat et des actionnaires et à comment notre classe a dû payer le prix fort pour que les marges du secteur automobile crèvent tous les plafonds.

Quand les patrons de l’automobile nous parle rentabilité, c’est la classe ouvrière qui boit la tasse

En effet, chez PSA par exemple, les bons résultats ont été rendus possible par une politique de réduction des coûts et d’optimisation des gains sur la production. Pour 2016, le groupe vise une marge opérationnelle de 5 %, en augmentant la compétitivité des usines du groupe. Pour cela, ils ont fermé le site de PSA Aulnay et supprimé 8000 postes. Au jour d’aujourd’hui, ce sont 17 000 d’emplois qui ont été supprimés, auxquels s’ajoute la suppression de deux lignes de montage à Poissy et Mulhouse et la baisse des effectifs du groupe en France, avec moins 7200 postes. Tout cela dans un contexte où les accords dit de compétitivité signés par les organisations syndicales vont encore permettre de faire des gains substantiels en intensifiant les charges de travail de l’ensemble des salariés sans que cela ne coûte un centime au patron.

Mais tout cela sans compter sur la combativité de la classe et du vent de révolte dans le secteur

Même si une majorité de syndicats (sauf la CGT) ont signé l’accord de compétitivité, on voit en réalité que ça ne passe pas auprès des travailleurs, ce qui met la groupe PSA dans une situation de pression intense dans les usines, comme à Mulhouse et Valenciennes. Contre cet accord et contre la loi travail, les résistances ont été fortes et nous pouvons penser que la paix sociale ne se fera pas par une signature d’accord par les syndicats de collaboration. Les luttes peuvent reprendre très vite, des donneurs d’ordres aux sous-traitants chez qui les travailleurs payent également le prix fort. À chaque fois qu’il y a suppression d’un poste chez le constructeur, c’est 3 postes qui sont supprimés chez les équipementiers. C’est pourquoi il faut aussi avoir une vision inter-secteur de lutte pour s’organiser, du constructeur au sous-traitant, et interprofessionnelle puisque les liens vont bien au-delà d’une même branche. Une étude a montré que pour une seule usine de PSA, ce sont plus de 185 usines qui travaillent de façon directe ou indirecte, et plus de 45 000 salariés. C’est bien l’enjeu aujourd’hui de mettre en contact les différents secteurs et mener les bagarres ensemble, ceci est essentiel dans la nouvelle période de lutte de classe qui s’est ouverte avec la lutte contre la loi travail.