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Politique

Petit écran ou grande grève ?

La rue, pas les plateaux télés. Contre Macron, tou-te-s aux côtés des retraité-e-s !

Ça rame à l’Elysée… Le président aura beau faire preuve de « pédagogie » en cherchant à exposer sa pensée complexe, un coup en anglais sur CNN, un coup en français ce mardi à la Sorbonne, les salariés, les routiers, les retraités et les étudiants demain, les fonctionnaires après-demain, on ne comprend toujours pas… Son projet phare, la loi travail, est loin de passer comme une lettre à la poste.

On ne décolère pas

Alors que les négociations se préparent, ce jeudi avec les directions des syndicats du transport, la base des routiers de la CGT et de FO continue, tant bien que mal, à faire obstacle à l’approvisionnement des stations malgré la répression et les déblocages policiers. Demain, ce sont les retraités qui vont manifester dans les villes de France. Il faut dire que leur portefeuille va être bien attaqué par le projet budgétaire de Macron. Contrairement aux annonces, ce ne sont pas 10 milliards d’euros d’impôt qui vont être réduits, mais plus que 7 milliards. Et devinez qui va régler la différence ? Les ménages bien entendus, à commencer par les retraités, en première ligne, qui devront encaisser la hausse de 1.7 points de CSG sans compensation, hausse qui permettra au patronat de s’extraire du paiement d’une partie des cotisations sociales.
Les retraités seront rejoints par secteur mobilisés chez les étudiants qui, dès demain, appellent dans les universités à des Assemblées Générales et des barrages filtrants. Cette jeunesse que le gouvernement craint plus que tout pourrait bien permettre cette « coagulation » que le premier Ministre Edouard Philippe a avoué tant redouter. En attendant la prochaine date de mobilisation de la fonction publique, le 10 octobre, qui pourrait bien se transformer en une date interprofessionnelle comme le demande, par exemple, Sud Rail, la journée de jeudi donnera un peu plus la température de la contestation sociale, qui n’est pas encore un véritable mouvement, mais dont les braises ne demandent qu’à s’enflammer.

Mélénchon à Répu

Macron, dont la côte de popularité est historiquement basse pour un président à peine élu, l’a bien compris. Alors lui et ses soldats, Castaner et Philippe en tête, multiplient les beaux discours et détournent l’attention en s’écharpant avec leur nouveau premier opposant, Jean-Luc Mélenchon, sur le rôle de la « rue » qui aurait entrainé, c’est selon, la chute ou bien l’arrivée du nazisme. Pour le député-tribun et la France Insoumise, la marche du 23 septembre a été un beau succès. Mais, loin d’être un pont pour construire le « tous ensemble » que Mélenchon disait appeler de ses vœux, samedi, sur la place de la République, elle a eu l’effet de scinder les rangs. Et c’est à nouveau samedi prochain, et non pas dès lundi, aux côtés des routiers, ni demain aux côtés des retraités, que les partisans de la France Insoumise se donneront rendez-vous pour des « casserolades » à faire pâlir (de rire) le gouvernement.

Et à la télé

En attendant que la Loi Travail revienne à l’Assemblée, les supporters de Mélenchon pourront sortir les drapeaux, devant leurs postes de télévision, pour voir leur champion ferrailler avec le premier ministre, Edouard Philippe, ce jeudi soir. Car voilà que le gouvernement offre, sur un plateau (TV), sa place d’opposant n°1 à Jean-Luc Mélenchon : un débat télévisé, en prime time sur France 2. L’occasion pourrait être rêvée si elle n’avait l’étrange goût, en ces temps d’absence d’échéance électorale, de la diversion…

Et la rue et les grèves, dans tout ça ?

Pourtant, si le gouvernement se la joue « droit dans ses bottes », plusieurs signes de faiblesse pointent : la grogne qui rongent à la base des « partenaires sociaux » à FO comme à la CFDT ou chez les cadres ; la multiplication des long discours pour faire passer la pilule, des twittos polémiques contre Mélenchon qui ont pour effet de détourner l’attention ; la baisse de popularité, la contre-performance des sénatoriales et la nouvelle augmentation des chiffres du chômage (une sacrée épine dans le pied, quand on sait que la future loi travail ne fera qu’aggraver tout cela) ; et cela pour ne pas parler des nouvelles coupes budgétaires qui arrivent avec la loi de financement, ni de la réforme de l’assurance chômage qui pourrait rameuter, en plus des « fainéants » de la CGT, les intermittents. Du pain sur la planche pour le gouvernement. Autant de raisons pour coordonner nos luttes et jeter les bases du « tous ensemble », de notre côté. En manifestant et en soutenant, dès demain, les retraités.

[Crédit illustration : Sleazy]




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