^

Société

1 toubib pour 46.000 enfants : la réalité de la médecine scolaire

« La santé des gamins dans les écoles ? La priorité du gouvernement n’est pas là »

La France et son système éducatif inégalitaire. Il n’y a pas que le mouvement Touche pas ma ZEP qui nous le rappelle, ni même les très officielles études PISA qui classent l’Hexagone dans le peloton de queue des pays les plus mal lotis en matière de réduction des inégalités par l’école. Au niveau de la santé scolaire, les choses sont encore plus catastrophiques.

C’est ce que pointe un récent rapport du Sénat repris par Le Canard Enchaîné cette semaine. Les médecins scolaires sont des personnels absolument indispensables, notamment parce qu’il s’agit des seuls professionnels de la santé au contact dans le cas d’enfants en situation de grande précarité et qui, parfois, n’ont pas de pédiatres ni de médecins traitants. Et pourtant, alors qu’une visite médicale est obligatoire, selon les Codes de la santé publique et de l’Education, à l’entrée à l’école primaire, seuls 20% des enfants de 5 et 6 ans y ont droit.

Si les médecins scolaires sont en charge, en moyenne, de 12.000 enfants, ce qui semble effarant au vu du rôle qui devrait être le leur, la situation s’est encore plus aggravée depuis 2008. Dans certains départements, comme l’Indre, il n’y en a tout simplement plus un seul. Dans d’autres territoires défavorisés, la situation est dramatique, avec un ratio de 46.000 enfants par médecin dans les DOM-TOM ou certaines zones sensibles.

« Ça ne m’étonne pas, commente Albane, enseignante dans le 93, en poste depuis 5 ans en maternelle. Depuis que j’ai commencé, jamais je n’ai vu une seule visite. Et pourtant, le rôle du médecin est essentiel, à la fois au niveau de la prévention mais également pour intervenir dans certains cas qui sont très compliqués pour les enfants et face auxquels nous sommes démunis en tant qu’enseignants. C’est pourtant ce qu’on nous apprend dans les formations. La santé des gamins ? La priorité du gouvernement n’est pas là, surtout dans les quartiers ».
En effet, pour la médecine scolaire comme pour les autres secteurs relatifs à l’éducation, les promesses de Hollande et de ses ministres de l’Education non seulement n’ont pas été tenues, mais la situation a empiré. Merci les socialistes !




Mots-clés

discrimination   /    Education   /    Société