Jeunesse

Sélection à l’entrée de l’université

La sélection à l’université et la schizophrénie du gouvernement

Publié le 29 août 2016

Comme chaque année, des milliers d’étudiants se retrouveront « sans-fac » à la rentrée, privés d’enseignement public par des procédures administratives opaques et illégales qui font fi en toute impunité du code de l’éducation, censé assurer à chacun un libre accès au premier cycle universitaire. Cette sélection à l’entrée de l’université, accentuée par les coupes budgétaires incessantes, témoigne de l’hypocrisie d’un gouvernement qui prétend vouloir augmenter le nombre de ses diplômés du premier cycle.

Savvy Catachrone

Pour cette rentrée universitaire 2016-2017, le gouvernement entend augmenter encore le nombre de jeunes titulaires d’un bac +3 à l’université. Hélas, que ce soit le fameux « APB », le site d’admission post-bac qui centralise les demandes d’orientation et les soumet à un algorithme douteux – privilégiant les étudiants provenant de l’académie dont dépend la formation choisie, puis ceux ayant mis celle-ci en premier vœu, pour enfin recourir à un tirage au sort de façon totalement illégale –, la pression financière accentuée sur les étudiants avec un budget CROUS, déjà insuffisant et qui réduit comme peau de chagrin, ou la pression psychologique subie par les étudiants de première année, force est de constater que l’accès à l’université, loin de correspondre au vœu pieux du gouvernement, est de plus en plus périlleux.

L’hypocrisie gouvernementale, alors même que 42% des formations dans les universités françaises sont sur le point de devenir sélectives, est criante. Dans la même veine que la loi travail, nos dirigeants s’ingénient à rendre légales des pratiques systématiques et néfastes à l’ensemble de la population, asseyant plus sûrement encore les injustices et inégalités qui minent notre société. En conséquence, les étudiants sont forcés de se tourner vers des formations privées hors de prix à la qualité souvent douteuse, ceux – les plus nombreux – qui n’ont pas les moyens de payer leurs études ou leurs moyens de subsistance – cela se saurait si les bourses permettaient de vivre… – sont pris à la gorge et souvent détournés de l’enseignement supérieur. L’éducation censitaire et de classe a de beaux jours devant elle…