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Politique

Préparation du 12 septembre

La trahison de Mailly désavouée par la commission exécutive de FO ?

A la base et dans les UD, tout le monde n’est pas d’accord avec la ligne de Mailly. Au point où la commission exécutive confédéral de Force Ouvrière a publié un communiqué qui s’exprime contre les ordonnances de Macron et qui tranche avec les prises de positions de son secrétaire général. Après la trahison, FO s’apprête t-elle (enfin) à lâcher le gouvernement ?

Ce lundi 4 septembre, un communiqué a été publié par la commission exécutive confédérale de Force Ouvrière. Adopté à 28 pour contre 4, la ligne du communiqué tranche par son ton plus revendicatif. Alors que le secrétaire général Jean Claude Mailly soutient ouvertement le gouvernement, et qu’il a refusé d’appeler à manifester le 12 septembre avant même la publication des ordonnances par le gouvernement, de nombreuses UD et sections locales du syndicat ont déjà rejoint l’appel au 12 et à la mobilisation. Cette fois-ci, c’est à la direction même que la ligne ultra conciliatrice de Mailly ne passe pas.

Quelques jours plus tôt celui-ci avait osé déclarer au micro de RMC/BFMTV que « … il y a aussi des avancées (...), ce n’est pas la casse du code du Travail (...), le modèle social n’est pas remis en cause ». Ce qui est pour le moins déplacé quand on connait le contenu des ordonnances, publié il y a moins d’une semaine, et dont chaque page constitue une terrible nouvelle et un recul sans précédent pour les salariés et les jeunes. Il avait même été jusqu’à se moquer avec mépris des militants FO qui voudraient manifester. Pour sa part, le communiqué de la direction élargie de la centrale stipule avec raison que « nombre d’éléments constituent aujourd’hui une régression sociale et sont en tant que tels inacceptables, ce qui explique notamment que dans les consultations officielles et obligatoires qui seront organisées, FO votera contre, et ce d’autant qu’à la lecture des textes d’autres éléments négatifs apparaissent ».

Plus loin le communiqué appelle à « examiner les possibilités de recours juridiques et estime qu’il est important que les confédérations syndicales puissent échanger rapidement entre elles sur la situation [et] demande au Bureau Confédéral d’examiner toute initiative permettant de développer les positions FO ».

Pas d’appel clair à se mobiliser ni à rejoindre la date du 12 pour le moment, mais un pas sur la gauche, qui fait suite à de nombreuses pressions en internes. Et pour cause, de nombreux militants de Force Ouvrière se sont d’ores et déjà exprimés pour que leur direction rejoigne l’appel à se mobiliser le 12 et dénoncent la trahison de leur secrétaire général.

Si ce pas à gauche parvenait à se transformer en appel clair de la confédération à rejoindre la date du 12 et à se doter d’un plan de bataille en commun avec les organisations syndicales et politiques qui appellent déjà à se battre contre les ordonnances de Macron, le rapport de force se verrait largement renforcé. Le gouvernement joue sur l’isolement et compte sur les divisions à l’intérieur de notre propre camp. Au contraire, nous avons besoin d’une riposte la plus unitaire et large possible pour mettre un coup d’arrêt aux attaques de Macron !

CREDIT PHOTO : DOMINIQUE FAGET/AFP




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