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Assez de vies broyées

La ville de Libourne sera moins belle

Quand on pense à un objet on pense à son utilité ou à sa beauté, personne ne pense aux heures de travail de ceux ou celles qui l’ont fabriqué. Quand on pense aux travaux dans une ville on pense souvent à la gêne qu’ils peuvent occasionner à la circulation des véhicules mais personne ne pense à ces ouvriers qui travaillent sous le soleil ardent du mois de juillet.

C’est paru dans les médias dans la section « régions » presque comme un fait banal, presque inaperçu. On ne lui a pas consacré des heures à la télé comme à la flamboyante Brigitte Macron et sa petite robe bleu ou à la famille royale d’Angleterre, ou encore la mort de l’ancien ministre Bernard Bosson.

Certains disent qu’il avait 46 ans, d’autres la cinquantaine. Certains disent que la pelle d’un engin du chantier s’est détachée, d’autres qu’un objet qui se trouvait sur la pelle lui est tombé sur la tête. Tout est imprécis. Les seules certitudes sont qu’il était un homme, qu’il était un ouvrier et qu’il est mort. Qu’il avait, disons, la cinquantaine et qu’il travaillait en intérim, et que cela ne parait déranger personne.

Notre hommage à cet ouvrier précaire et anonyme qui travaillait sur le chantier de rénovation du réseau d’assainissement sur les quais de Libourne, mort vendredi dernier dans l’accomplissement de ses tâches.