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Monde

Discours à Harvard

Lagarde vante la « reprise économique » et appelle à la poursuite des réformes austéritaires

Ce jeudi 5 octobre, Christine Lagarde, directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI), a annoncé lors d’un discours à l’université d’Harvard (Massachusetts, USA) une reprise économique mondiale qui s’installait durablement. Elle a également demandé aux pays de poursuivre les réformes pour « ancrer la croissance dans le temps ».

Crédits photo : CHINE NOUVELLE / SIPA

Une « reprise économique », mais à qui bénéfice-t-elle ?

Depuis la crise de 2008, la politique économique du FMI à l’échelle mondiale promeut une grande campagne de rigueur économique et monétaire qui a eu des conséquences désastreuses sur les classes populaires, creusant les inégalités et accroissant la misère. Partout dans le monde, des états sont entrés en récession, avec de forts taux de chômage. A la suite de quoi, les banques centrales ont massivement injecté des liquidités dans le système bancaire, quitte à s’endetter. Le poids de la dette a été directement transféré sur les travailleurs qui subissent les hausses d’impôt et l’austérité, suite à la socialisation des pertes par les états. L’exemple de la Grèce, totalement pillée par ses créanciers et qui subit encore aujourd’hui les affres de l’austérité est, en ce sens, parlant.

Alors de quoi la présidente du FMI parle-t-elle quand elle évoque une « reprise » ? Christine Lagarde l’a constaté elle-même : « cette reprise n’est pas totale », et a souligné que, l’an dernier, 47 pays ont vu leur PIB par habitant décliner. Car il ne s’agit en aucun cas d’une amélioration des conditions de travail et de vie des travailleurs qu’elle évoque, mais plutôt d’une situation meilleure pour la bourgeoisie et pour les multinationales. Pour prendre l’exemple des quarante plus grosses entreprises françaises, dont l’indice boursier est le CAC 40, elles ont annoncé que, pour les six premiers mois de 2017, les bénéfices de ces 40 géants étaient de 51,6 milliards d’euros, soit 25% de plus qu’au premier semestre de 2016. Pour Christine Lagarde, « reprise économique » n’est qu’un synonyme « d’explosion des profits », fruit de licenciements par milliers depuis la crise, d’augmentation des cadences, et d’abaissement des conditions de travail au profit d’une infime minorité de la population.

Une nouvelle justification des mesures libérales

Il n’est donc pas anodin que la présidente du FMI préconise aux états, pour la période qui s’ouvre, la poursuite des « réformes » libérales. Cette dernière a ainsi déclaré « il est plus aisé de réformer le code des impôts quand les salaires augmentent ou de modifier la réglementation du travail quand le plein emploi est presque là ». Toujours plus d’austérité et détricotage du Code du travail dans les pays capitalistes aux finances solides : voilà la réponse du FMI. La solution est donc la même en temps de « crise » ou en temps de « reprise », selon le FMI : détruire au maximum les droits des travailleurs pour augmenter les bénéfices des multinationales.

Ces « sacrifices » qu’ont imposé les différents gouvernements aux travailleurs et qui ont été justifiés, ces dernières années, par la crise économique, seront donc sans aucun doute les mêmes à l’avenir. Le plan du gouvernement Macron et sa loi travail XXL s’incarne exactement dans cette lignée : facilitation des licenciements, inversion de la hiérarchie des normes, suppression des contrats-aidés, attaques contre l’enseignement supérieur et contre les retraités etc. Derrière les grandes déclarations fanfaronnes de Christine Lagarde se cache donc, une nouvelle fois, l’annonce d’une politique dans la même lignée que depuis des décennies.




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