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Politique

Détournement de fonds

Laurent Wauquiez suspecté d’avoir utilisé de l’argent public pour la campagne de Fillon

Fin février, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Lyon à l’encontre du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Laurent Wauquiez est ainsi suspecté d’avoir utilisé de l’argent public pour l’organisation d’une soirée de soutien à la campagne de François Fillon, à Shanghai, à l’occasion d’un voyage en Chine avec des entrepreneurs.

Retour sur les faits


Du 12 au 17 février derniers, Laurent Wauquiez s’est rendu à Shanghai, accompagné d’une cinquantaine d’entrepreneurs, afin de conquérir de nouveaux marchés à l’horizon 2022, pour les Jeux Olympiques. Les 30 ans de coopération avec la ville furent également célébrés dans l’optique de resserrer des partenariats économiques, mais aussi raffermir les relations diplomatiques. Ce voyage fut donc entièrement financé par des fonds publics puisque c’est en tant que président de région que Wauquiez est parti. Si, jusque-là, rien de bien étonnant, c’est sa participation à une « soirée privée » qui intrigue. En effet, le 13 février, Laurent Wauquiez s’est rendu au Sofitel de Shanghai en tant qu’invité de marque où se tenait donc une soirée de soutien à François Fillon. Le carton d’invitation ne cache nullement l’ambition de ce comité de soutien : financer la campagne Fillon par un appel aux dons explicite.

« Un mélange des genres »


Cela n’a donc pas échappé à Stéphane Gemmani, conseiller régional du groupe Socialiste et Démocrate, déclarant qu’il s’agit « d’un mélange des genres préjudiciable entre l’intérêt général et les intérêts partisans de la campagne du candidat Fillon ». Et d’ajouter que cela « n’est pas acceptable, qui plus est, de la part d’un homme qui depuis plus d’un an donne des leçons de morale à tout le monde et prétend incarner l’éthique en politique ». C’est la raison pour laquelle l’élu d’opposition au conseil régional s’est empressé de déposer plainte contre Wauquiez, engageant alors une procédure. Les policiers sont ainsi venus, ce jeudi, récupérer divers documents au cabinet de Wauquiez afin d’éclaircir l’affaire. Du côté du principal intéressé, on se défend en arguant que « pas un euro de la région n’a été dépensé » pour cette soirée, et que cela s’est fait sur le temps libre de Wauquiez. Sauf que la présence de Wauquiez à cette fameuse soirée qui ressemble bien plus à « une opération de propagande électorale » qu’à « un apéritif », comme le décrit Gemmani, repose bien sur le fait que le voyage de l’élu a été payé par la région. L’organisation de la rencontre entre les militants LR pro-Fillon n’a peut-être pas été directement financée par l’argent public, mais les billets d’avion et l’hôtel de l’invité d’honneur de cette soirée, Laurent Wauquiez l’a, en revanche, bien été, et ce pour une toute autre finalité, officiellement.

Ils ne nous représentent pas


C’est qu’en cette période de campagne électorale, les affaires et intrigues crapuleuses ne manquent pas. Pire, jamais une présidentielle n’aura connu rebondissements aussi pathétiques et en même temps si révélateurs d’une cinquième République pourrissante où le bipartisme devient incapable de résoudre ses crises. Entre un Fillon qui spolie et s’habille pour des milliers d’euros, une Marine Le Pen qui trempe aussi dans les affaires d’emplois fictifs, ou encore un Bruno Le Roux qui emploie ses filles de 15 et 16 ans comme assistantes parlementaires, sans parler du délitement du PS, la question de la révocabilité des élus, touchant un salaire ouvrier, est plus que jamais d’actualité




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