Notre classe

Justice de classe

Le Havre. Six mois pour un syndicaliste qui a ’dégradé’ la permanence du PS

Publié le 1er juin 2016

Laurent syndicaliste du Havre a été condamné ce mercredi après-midi par le tribunal du Havre à une peine de six mois de prison avec sursis, mise à l’épreuve pendant 18 mois avec obligation de réparer les dégâts commis à la permanence du PS du Havre. Ni policiers, ni parti socialiste ne s’étaient constitués partie civile, et pourtant c’est bien d’une sacrée peine qu’écope le syndicaliste.

Maryline Dujardin

Plusieurs militants avaient participé à cette « re-décoration » du local PS du Havre le 12 mai, mais c’est seulement Laurent qui prendra de la prison, comme pour montrer l’exemple parmi les syndicalistes, comme pour calmer le jeu des mobilisations.

Début mai, c’est un véritable phénomène de mode qui traverse tout la France ; toi aussi re-décore le local PS de ta région ! Ainsi plusieurs locaux sont ce qu’ils appellent dans les médias « saccagés », mais nous pourrions dire repeints, ou re-décorés avec des collages. Ce phénomène traverse toute la France, comme une démonstration nationale du refus de cette politique PS, comme l’unique moyen de dialogue face à un gouvernement qui fait la sourde oreille aux revendications des manifestants et au refus de la population de cette loi travail. Alors les militants havrais s’en donnent à cœur joie sur ce local PS, Laurent peut-être avec un peu plus de zèle que les autres. D’ailleurs l’avocate de Laurent, durant le procès le défendit sur cette base que le parti socialiste a « trahi les promesses qui avaient été faites » lors des élections et que « cela a abouti à la colère » du syndicaliste. Mais voilà le gouvernement a très peu apprécié la présence de ces militants/re-décorateurs, et comme nous sommes à un tournant offensif de la mobilisation depuis deux semaines, et que le gouvernement a choisi en la CGT, son meilleur ennemi, Laurent fait office d’exemple dans la situation.

La justice a choisi son camp et par cette peine a voulu lui (nous) passer le goût de recommencer. Ils sont nombreux les militants à écoper de plusieurs mois de prison ces jours-ci dans le contexte de cette loi Travail. Hier le jeune étudiant amiénois, aujourd’hui Laurent, demain un autre. Comment ne pas voir que le gouvernement est tellement déstabilisé qu’il ne trouve pour seule solution la violence de la police et la punition de la justice.

Durant le procès de Laurent, la présidente du tribunal lui a demandé « Vous avez quel âge ? » il répondit 49 ans. « Comment on en arrive là à pratiquement 50 ans, à un âge où on doit montrer l’exemple ? » finit-elle par lui demander.
Mais justement, ce que la présidente du tribunal a choisi de ne pas comprendre, c’est bien que Laurent dans son militantisme, dans sa détermination, par cette action mais par bien d’autres encore, est un exemple. Un exemple de ceux qui ne se taisent pas, de ceux qui se battent pour leurs convictions. Laurent prend six mois de prison dans un contexte où le gouvernement réprime fermement ceux qui le défient le plus, mais nous ne le laisserons pas faire, nous continuerons à nous soutenir et à nous battre contre ce gouvernement avec détermination, et ce malgré leur justice de classe.