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Le 1er mai. Un tour de chauffe pour préparer la reconductible ?

Quelques jours après la journée du 28 avril, le traditionnel 1er mai arrive à une étape charnière de la mobilisation. Après quasiment deux mois de mobilisation, après plusieurs journées de grève et de manifestation, une chose est sûre : ce n’est pas la détermination et la colère qui manque face à un gouvernement aux abois. La clé pour gagner, c’est un véritable plan de bataille pour construire le « tous ensemble ». À ce titre, ce 1er mai ne peut pas être un 1er mai comme les autres : il doit préparer à la perspective de la grève reconductible.

La mobilisation ne s’amplifie pas, mais elle ne s’éteint pas !


Cette journée du 28 avril a marqué une diminution objective dans la rue du nombre de manifestants présents et une journée de grève qui n’était pas à la hauteur de ce qui serait nécessaire pour battre en brèche Hollande et sa loi Travail. À Paris, les vacances scolaires ont été un obstacle important pour avoir des cortèges plus fournis. Mais cela n’explique pas tout. Ce fléchissement de la mobilisation est aussi l’expression d’un rapport de force qui stagne, mais surtout de la nécessité de franchir un cap dans la massification pour entamer pour de bon ce second round.

Côté étudiants, les deux mois de mobilisation, et la répression quasi-permanente, finit par peser sur le moral, malgré la détermination. Coups de matraques, gaz lacrymogènes sans compter les milliers d’interpellations. De plus, la période des examens qui s’ouvre dans les différentes universités devient un poids de plus. Du côté des travailleurs, la logique des journées « saute-mouton » éparpillées ne permet pas de construire réellement le rapport de force face au gouvernement, et vient renforcer l’éclatement des différents secteurs. Les directions syndicales des cheminots (CGT et Sud Rail), secteurs clefs de la mobilisation, avaient par exemple appelé à la journée du 26, soit… deux jours avant la mobilisation du reste des secteurs.

Mais une détermination qui reste

Mais derrière les chiffres, une chose est sûre, la détermination persiste. Même du côté des grands médias qui aiment répéter à grands coups d’esbroufe que le mouvement s’essouffle, nous sommes maintenant bien obligés de reconnaître que celui-ci est parti pour durer. Après deux mois à résister à la police, aux attaques calomnieuses de toutes parts, aux coups de pression, ce n’est sûrement pas demain que la mobilisation va s’arrêter.

C’est d’ailleurs cette détermination, faute de pouvoir s’exprimer par la grève et dans la rue par manque d’un vrai plan de bataille, qui s’est largement exprimée sur la place de la République, ce jeudi 28 au soir, lors de l’AG des luttes de la Nuit Debout. On a pu voir un Philippe Martinez, présent, interpellé par plusieurs interventions d’étudiants et de travailleurs. La question qui lui était adresséeétait claire : « elle est quand la grève générale ? »

Ce mois de mai, tout est possible


Désormais les directions syndicales sont sommées d’appliquer le mandat des manifestants qui en sont à leur deuxième mois de mobilisation pour échafauder un vrai plan de bataille, à travers la préparation de la reconductible, pour enfoncer le clou face à Hollande et sa loi Travail. D’autant plus que ce mois de mai pourrait être chaud : avec la présentation du projet de loi Travail le 3 mai à l’Assemblée Nationale. C’est aussi toute une série de procès de manifestants interpellés dans le cadre de la mobilisation qui va s’ouvrir à partir du 4 mai qui doit voir un vaste mouvement de solidarité pour exiger l’abandon des poursuites. C’est donc dès la semaine prochaine qu’il va falloir lancer des prochaines date de mobilisation, tous secteurs confondus, pour œuvrer à la grève reconductible.

Pour voir ce plan devenir réalité, il va falloir augmenter la pression sur les directions syndicales qui appuient jusqu’à présent sur le frein en égrainant des journées de grèves et de manifestations « saute-mouton » plutôt que d’appuyer sur l’accélérateur en enclenchant la reconductible. Plus que jamais, il faut que les voix dissonantes qu’on a entendues au congrès de la CGT se fassent entendre. À Nuit Debout, sur la place de la République, plus que les rencontres avec les directions syndicales appelées par François Ruffin le 1er mai, les initiatives de convergence à la base, mais aussi en lien avec les étudiants et les lycéens, doivent se multiplier. L’enjeu est important : c’est le retrait total de la loi Travail et une victoire contre Hollande et sa politique anti-ouvrière qui se jouent.




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