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Monde

Journée internationale des travailleurs.

Le 1er mai dans le monde : les travailleurs et travailleuses en lutte dans la rue.

Pour la journée internationale des travailleurs, la classe ouvrière a organisé d'énormes mobilisations à travers les différentes villes du monde, contre les contre-réformes économiques et les mesures d'austérité, la précarité au travail et pour l'égalité entre hommes et femmes. Bref retour depuis notre réseau international de journaux La Izquierda Diario sur les mobilisations de la classe ouvrière à travers le monde.

Dans quasi tout les pays du monde, excepté aux États-Unis et au Canada, la commémoration du 1er mai instaurée par le Congrès Ouvrier Socialiste de la II ème Internationale de 1889 rendait hommage aux Martyres de Chicago de 1886, ces militants assassinés à Haymarket Square alors qu’ils se mobilisaient pour la journée des 8 heures de travail. Plus qu’un jour de mémoire, ce fut un jour de lutte pour la classe ouvrière de nombreux pays.

Dans l’État Espagnol, des dizaines de milliers de personnes sont sorties dans la rue des principales villes du pays pour revendiquer l’augmentation des salaires et des pensions de retraites dignes, contre la précarité au travail. L’inégalité entre hommes en femmes, qui fut la consigne la plus hégémonique, s’est faite de nouveau entendre comme une demande ancrée dans les secteurs combatifs espagnols depuis le 8 mars. De plus, la mobilisation s’est déroulée sous l’appel à la dénonciation de la répression par l’État. Convoquée par les grands syndicats du pays, les Commissions Ouvrières et l’UGT, mais aussi par le syndicalisme combatif mené par la figure de la CGT et reconnu pour sa critique de la bureaucratie syndicale traditionnelle, la mobilisation s’est divisée entre marches officielles et manifestations alternatives. C’est à Madrid que le 1er Mai a été le plus massif, pour le 40 ème anniversaire de sa reconnaissance légale.

Bien que ce soient surtout les consignes concernant les droits des femmes qui aient été le plus présentes à Barcelone, illustrées par des slogans tels que “Non c’est non” ou “Ce n’est pas un abus c’est un viol”, s’est aussi faite entendre la demande de libération des politiques catalans actuellement détenus par le régime de Rajoy.

En Allemagne, 340 000 personnes ont participé aux plus de 500 rassemblements et manifestations organisées et convoquées par la Confédération des Syndicats Allemands (DGB) sous le mot d’ordre “solidarité, vérité, justice”. La DGB a demandé au gouvernement la mise en place rapide et totale d’une amélioration des conditions de travail promise et soulignée dans le chemin du plan gouvernemental pour le plein emploi. Les secteurs combatifs ont rappelé l’importance de lutter pour garantir des conditions de travail dignes pour tous. Il revient maintenant au gouvernement de les entendre, sans “exceptions, ni portes arrières, ni tactiques dilatoires” a dit le dirigeant de la DGB, Reiner Hoffman, tout en se cachant dans la logique de négociation avec le gouvernement, en plein meeting central de la confédération à Nuremberg, au sud du pays. Hoffman a appelé au niveau européen à “abandonner les mesures d’austérité qui mettent en danger la cohésion sociale”, mais sans appeler à aucune coordination des secteurs en lutte du pays ni de l’Union ou à un quelconque plan de lutte.

À Cuba, le président nommé ce 19 avril, Miguel Diaz-Canel, et son prédécesseur Raúl Castro ont présidé la Place de la Révolution à La Havanne, pour le défilé officiel de la journée des travailleurs, auquel participent des milliers de personnes. C’est l’une des commémorations les plus massives du pays chaque année. Des grandes pancartes couvraient les grands édifices de la place, comme la Bibliothèque Nationale, où une énorme toile montrant des photographies de Carlos Manuel de Cespedes et José Martin, accompagnées de photos de Fidel Castro. Le traditionnel dirigeant de la CTC (syndicat unique cubain) Ulises Guilarte a ainsi pris la parole pour rappelé une nouvelle démonstration de son appui au régime. À la différence de Fidel Castro qui prononçait généralement un discours, son frère Raul a préféré laisser la place aux grands leaders syndicaux du pays. Le nouveau dirigeant du pays Diaz-Canel semble avoir pris une décision similaire, souhaitant garantir son soutient syndical devant les mutations actuelles du régime.

Au Chili, alors que le régime de droite conservatrice est en pleine installation à la suite des dernières élections de 2017, les différentes grandes bureaucraties syndicales ont appelé au rassemblement, notamment la CUT. Alors que se mettent en place les plans de licenciements à échelle nationale, la précarisation du travail et la persécution anti-syndicaliste, tout en renforçant l’appareil autoritaire à travers la mise en place de nouvelles lois anti-terroristes, l’agenda syndicale ne parvient pas à se former du fait de la délitescence de la CUT et de sa volonté de négocier avec le gouvernement. Multipliant les réunions de dialogue avec le ministère du travail du nouveau gouvernement, mené par le Parti Communiste, le principal syndicat du pays est en train de voir une crise de sa direction naître. De l’autre côté, le mouvement étudiant poussé à l’avant garde des secteurs de la société les plus combatifs à affirmer sa volonté de mettre en place un rapport de force avec le nouveau gouvernement de Sébastien Piñera.

En Argentine, alors que la tradition péroniste a installé une conception du 1er mai festive et peu revendicatrice, les différents partis de gauche révolutionnaire se sont regroupés de manière indépendante, ce qui a donné lieu à différents rassemblements. Une partie du syndicalisme dit “populaire”s’est regroupée face au ministère de l’économie, dans un acte unitaire où elle a dénoncé la politique actuelle du gouvernement de Macri d’attaques généralisées à la population à travers l’augmentation des tarifazos, à savoir les coûts de la vie quotidienne comme la lumière, le gaz, l’eau ou encore les transports, et l’inflation. Alors que depuis son arrivée au pouvoir, on assiste à l’enrichissement extrême d’une infime partie de la population, la grande majorité des travailleurs voit son salaire perdre en valeur et ses factures augmenter.

Sa bureaucratie n’a cependant appelé à aucun plan de lutte contre le gouvernement, le considérant au contraire comme un “partenaire avec lequel nous devons discuter”. Pendant ce temps, le Front de Gauche et des Travailleurs Argentin (FIT) constitué du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS), du Parti Ouvrier (PO) et de la Gauche Socialiste (IS) a organisé un acte combatif face à la Plaza de Mayo, regroupant tout les secteurs du syndicalisme combatif de gauche pour revendiquer la défense des intérêts des travailleurs et la nécessité de construire une gauche révolutionnaire pour faire face aux attaques de Macri, et de manière plus générale aux offensives de la droite en Amérique Latine.

De plus, alors que le pays est traversé par le débat à propos de la dépénalisation de l’avortement, Myriam Bregman, représentante du PTS et de Pan Y Rosas a rappelé que les droits des femmes ne pouvaient être conquis que par une seule et même voie : le rapport de force contre le gouvernement, organisé par les différents secteurs combatifs de la classe ouvrière en alliance avec le mouvement des femmes pour obtenir la légalisation de l’avortement sûr et gratuit. Le FIT a appelé à son union pour la mise en place d’un plan de lutte contre le gouvernement.

Dans de nombreux autres pays des mobilisations ont été organisées, comme en Russie, au Liban, au Venezuela, ou encore au Mexique, et c’est généralement le même constat qui ressort : la nécessité de construire un rapport de force, malgré tout l’effort de la bureaucratie syndicale pour l’amenuiser, afin de combattre les différents gouvernements et leurs mesures d’austérité, mais aussi pour conquérir les droits démocratiques.




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