Politique

8 000 manifestants dans les rues

Le 26 à Rennes, un nouveau rebond ?

Publié le 26 mai 2016

La foule était dense, ce jeudi, à Rennes. La manifestation contre le projet de loi Travail, la huitième depuis le mois de mars, a rassemblé plus de 8 000 personnes selon les syndicats. Depuis le 28 avril, aucune manifestation contre la loi Travail n’avait réuni autant de monde. La tendance à la baisse paraissait irréversible, et les gens semblaient s’y résigner bon gré mal gré. Cette journée marque donc une nouvelle césure dans l’histoire de ce mouvement à la durée exceptionnelle, qui restera dans les mémoires collectives comme le premier mouvement d’opposition de gauche, alors que ce sont les « socialistes », gardiens intérimaires de l’ordre, qui occupent la maison du pouvoir.

P.A.B.

Si des centaines d’étudiants, de Rennes 2 notamment, sont venus manifester, et cela malgré la fin des cours et de la première session d’examens, chacun a pu constater que les cortèges syndicaux, celui de la CGT en premier lieu, était particulièrement fournis. C’est ce qui a permis que cette journée soit perçue légitimement comme une réussite remarquable, même si nous demeurons, c’est incontestable, très loin des niveaux de mobilisation constatés à l’automne 2010 dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites, ou encore en 2006 lors de la bataille victorieuse du CPE. Sous un ciel breton, véritable mer à l’envers, l’ambiance au sein du cortège fut particulièrement chaleureuse et vivante, avec de nombreux slogans hostiles au gouvernement « socialiste » et sa politique néolibérale.

Le dispositif de sécurité (bouclage de l’hyper-centre par des dizaines de CRS, hélicoptère de la gendarmerie en permanence) voulu par la préfecture, avec l’assentiment de la mairie « socialiste », était à l’image de ce que l’on a pu observer depuis deux mois à Rennes : scandaleux !

Parti de l’esplanade Charles-de-Gaulle, le cortège a circulé dans les rues durant environ deux heures avant de revenir à son point de départ. Aucun affrontement n’a eu lieu, aucune vitrine n’a été détériorée dans le centre-ville malgré cette hyper-présence policière, constituant une grande violence visuelle ! En revanche, de très nombreux tags ont fleuri avant ou après le passage du cortège. La rédaction locale du quotidien Ouest-France a ainsi été prise pour cible. Sur les murs de France 3 Ouest, on pouvait lire « 1789, les casseurs prennent la Bastille ».

Plusieurs dizaines de manifestants sont rentrés quelques instants dans le métro à République pour manifester symboliquement leur solidarité à l’encontre des 20 militants interpellés et inculpés à la suite de l’opération « métro gratuit » conduite le jeudi 19 mai.

Une fois le parcours achevé, le cortège s’est dispersé. Une partie des manifestants, environ 800, a pris, dans une ambiance festive, la direction du dépôt de bus du Service de Transports de l’Agglomération Rennaise (STAR), à l’est de la ville, bloqué depuis le matin par des dizaines de camarades venus soutenir les salariés grévistes. A leur arrivée, sur place, un cordon de policiers les a empêchés de rejoindre les grévistes à l’intérieur du dépôt. Par la suite, certains sont parvenus à envahir les voies ferrées. Le trafic SNCF a été interrompu pendant environ une heure et a pu reprendre progressivement à partir de 16h30.