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Le Centre Hospitalier du Rouvray en grève reconductible

Publié le 31 août 2016

Cet article est paru sur le site du NPA le 30 août. Depuis, la reconduction de la grève a été votée par l’AG au moins jusqu’à ce jeudi 1er septembre, montrant la détermination des grévistes à se faire entendre par la direction.

Correspondant

Contre les “effectifs cibles”, pour le recrutement de personnel statutaire et la défense du soin en psychiatrie.

Depuis ce matin, 30 août 2016, le personnel du Centre Hospitalier du Rouvray de Sotteville-lès-Rouen (établissement de psychiatrie publique) est en grève reconductible.

La cause de ce mouvement est la décision de la direction de mettre en place une équipe de remplacement, pour faire face aux difficultés du personnel dans les services de soins… en ponctionnant du personnel dans ces services.

S’appuyant sur de savants calculs validés par un cabinet d’audit (CNEH), la direction (avec le soutien actif du syndicat CFDT - 2ème organisation syndicale) fait état de "sureffectifs" dans certains services, pourtant en grande difficulté.

Elle a donc défini des "effectifs cibles", et au regard de ceux-ci décidé de récupérer le personnel en "sureffectif" pour le "redéployer" dans une équipe de remplacement de 35 agents. L’argument choc de la direction : la situation sera nettement préférable quand il y aura une équipe pour remplacer… les agents prélevés dans les services !

Cette logique a eu pour effet d’exaspérer le personnel, en sous-effectif dans tous les services et parfois en grande difficulté. Les conséquences de la politique managériale de l’hôpital, de par l’instauration permanente d’effectifs minimum, sont ainsi l’empêchement in facto d’activités de soins pourtant indispensables, et une difficulté encore plus grande à poser les repos RTT et congés annuels.

Dans cette situation, les exigences du personnel sont donc :
- le retrait du projet de la direction.
- la création d’une équipe de remplacement, dotée de personnel statutaire supplémentaire recruté par l’établissement.

En arrière plan, c’est la souffrance des équipes de soins face à la détérioration du soin en psychiatrie qui s’exprime. Une lettre rédigée par un aide-soignant et adoptée à l’unanimité par l’assemblée générale des grévistes l’exprime avec force et émotion.
Les provocations de la directrice des soins, expliquant très classiquement que les personnels devaient se satisfaire d’avoir un emploi, ou changer d’employeur, n’ont fait qu’amplifier la colère.
Le mouvement est animé par le syndicat CGT (1er syndicat de l’établissement) et par un collectif de soignants syndiqués et non-syndiqués. De nombreux jeunes soignant.e.s s’impliquent dans les activités grévistes.
Malgré les "assignations", la grève a été reconduite jusqu’à demain, avec maintien du piquet de grève et délégations dans les services pour convaincre de nouveaux collègues.