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Politique

Le « progressisme » façon Macron

Le Maire martèle : « La France dit non » à l’accueil de l’Aquarius

L’Aquarius, refusé par les ports italiens et maltais continue sa route vers Marseille, avec à son bord 58 migrants. Le gouvernement français maintient de son côté son refus d’accueillir le bateau humanitaire, une nouvelle fois.

Crédits photo : ROBERTA BASILE / IPA

Hier déjà, l’équipage de l’Aquarius avait envoyé la demande d’être accueilli dans le port de Marseille. Les différents États européens continuent à se renvoyer la balle pour savoir où accostera le tristement célèbre bateau humanitaire. En août, 141 migrants avait dû rester en mer pendant 5 jours sans savoir si un des pays de l’union européenne leur permettrait d’accoster…

Pendant que l’extrême-droite italienne ferme ses frontières et a privé l’Aquarius du pavillon panaméen, Macron, lui, refuse toujours d’accueillir le bateau transportant à son bord 58 migrants, dont 17 mineurs, en plus de l’équipage.

« Dire non » à l’accueil des migrants. Invité sur BFMTV ET RMC ce matin, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire poursuivait ainsi : « Je pense qu’en matière migratoire, il faut être ferme et clair. C’est un enjeu majeur des 25 prochaines années. Si nous ne définissons pas des règles communes, et surtout si nous ne faisons pas respecter ces règles communes, nous n’arriverons pas à relever ce défi de l’immigration ».

Des « règles communes » qui condamnent des milliers de migrants à la mort dans la Méditerranée, et à la clandestinité et à la surexploitation dans les pays européens. Le drame humain provoqué par les politiques anti-migrants des différentes puissances européennes dépassait les 1500 morts pour l’année 2018.

L’Aquarius continue malgré tout de s’acheminer vers Marseille, « en attente d’une réponse officielle du président de la République ». Une réponse qui ne dénote pas de celle de son ministre : « On est clair sur le fait qu’il ne faut pas faire quatre ou cinq jours de mer […] Il faut le faire débarquer rapidement et il est aujourd’hui proche de Malte ». Ainsi, comme le mois dernier, Macron renvoie la balle au gouvernement maltais.

Le vernis « progressiste » n’est plus seulement écaillé pour Macron, il a totalement disparu. Alors qu’il y a quelques mois, le ministre de l’intérieur d’extreme-droite en Italie Matteo Salivini déclarait « Macron est en train de faire en partie ce que je compte faire ». Dans les faits, difficile de distinguer ce qui sépare le « progressisme » de Macron de l’extreme-droite de Salvini.




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