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Politique

Une échéance qui demande une suite

Le Mans. 2000 manifestant.e.s et une forte présence de la jeunesse

Ce jeudi 16 novembre, au Mans comme dans de nombreuses autres villes, les travailleurs et la jeunesse étaient appelés à se mobiliser contre la politique du gouvernement Macron-Philippe. Retour sur une échéance qui appelle à ne pas baisser la garde, malgré le manque de perspectives fixées par les directions syndicales.

Loi travail XXL, baisse des APL, cadeaux fiscaux aux plus riches, réforme du bac, sélection à l’entrée de l’université : les raisons de faire grève et de manifester ne manquent pas face au gouvernement de combat Macron-Philippe. C’est bien ce qu’ont compris les 2000 participants manceaux à cette quatrième journée de mobilisation depuis la rentrée, ce jeudi 16 novembre, à l’appel national de la CGT, FO, Solidaires, la FSU et des organisations de jeunesse, dont le NPA Jeunes.

Au Mans, le fait marquant de la matinée a été la forte présence de la jeunesse, et surtout des lycéens, préoccupés par l’ensemble des menaces qui pèsent sur leur avenir. Venus des lycées sud, Malraux, Bellevue et Touchard, c’est plus d’une centaine de lycéens et lycéennes qui ont grossi avec enthousiasme les rangs de la manifestation pour refuser notamment la mise en place de la sélection dès l’entrée en licence, mesure qui les concerne le plus directement. Avec les « fiches avenir », le conseil de classe de terminale pourra en effet se prononcer contre les choix d’orientation d’un élève ; les universités auront, quant à elles, accès à l’ensemble du dossier du futur bachelier et pourront refuser son accès dans la licence de son choix, ou lui imposer des conditions supplémentaires au bac. Les parcours universitaires se verront également bouleversés, allant vers une modularisation qui ouvre toujours plus la porte aux intérêts privés et renforce les possibilités de contrôle permanent des étudiants. Si la police a tenté de mettre un petit coup de pression au moment où les lycéens arrivés les premiers dans le cortège avaient décidé d’attendre leurs copains en retard, le nombre a fait la force, montrant la justesse du slogan largement repris pendant la manifestation : « lycéens étudiants chômeurs et salariés, c’est tous ensemble qu’on est frappés, c’est tous ensemble qu’on va gagner » !

Côté travailleurs, de nombreux secteurs étaient représentés. Les soignantes de la maternité du centre hospitalier du Mans, en lutte actuellement pour la défense de leurs emplois, ont notamment alerté sur les baisses d’effectifs qu’elles subissent depuis le mois de mai dernier, qui génèrent beaucoup de souffrance pour les personnels et une dégradation des conditions de soin pour les patientes, et appelé à défendre l’ensemble des usagers à défendre le service public.

Le nombre de manifestants pour ce 16 novembre marque une reprise locale de la lutte depuis la décevante journée du 19 octobre. Cela reste cependant deux fois moins impressionnant que les 12 septembre et 10 octobre : difficile en effet de se mobiliser lorsque l’échéance ressemble beaucoup à un baroud d’honneur, faute de prochaine date fixée par les directions syndicales. Si Macron cristallise un capital élevé de détestation, l’unité de la jeunesse et des travailleurs de tous les secteurs reste à construire, contre la stratégie de division des départs en grève échelonnés et l’épuisement inutile généré par les journées de grève isolées. A la base de nos syndicats et de nos organisations, c’est dans ce sens qu’il nous faut agir !




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