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Le Mans. 2000 manifestants contre Macron et son monde

Pas question de laisser les cheminots seuls face à Macron : voilà, en substance, ce qu'il faut retenir de la journée du 19 avril au Mans. Alors que la grève se poursuit à la SNCF, 2000 manifestants ont défilé pour montrer leur opposition à la politique de casse et de précarisation de Macron et son monde. Lycéens, hospitaliers, professeurs du primaire et du secondaire, travailleurs de Renault... ont rejoint les cheminots sur le parvis de la gare pour construire la convergence.

Après l’assemblée générale qui a réuni, à Allonnes, plus de 150 travailleurs de l’EPSM, dont les financements sont directement menacés à l’heure actuelle, il s’agit maintenant de construire un rapport de force conséquent pour contrer la décision du centre hospitalier du Mans, qui fait actuellement tout pour provoquer une pénurie de médicaments à l’EPSM – au mépris de la santé des patients et de la sécurité des travailleurs. Partis de l’hôpital avant de converger avec le reste du cortège, les travailleurs du secteur hospitalier ont ainsi répondu présent dans la manifestation, pour dire non aux suppressions de postes, aux baisses des financements, aux politiques de regroupement territorial qui se font contre l’avis des travailleurs et au détriment des conditions de soin et de travail.

Dans l’éducation : une bonne présence et des initiatives à poursuivre

Pour les lycéens, déjà mobilisés vendredi dernier pour une action de solidarité avec les cheminots, et qui ont assuré une présence très dynamique dans la manifestation de ce jeudi, le message est clair : pas question de laisser les travailleurs de la SNCF seuls face à Macron ! C’est bien le sens d’un des slogans scandés ce matin : « solidarité avec la grève des cheminots ». Aujourd’hui, ce sont notamment les lycéens de Bellevue qui ont mené la danse, organisant le blocage de leur lycée dès tôt le matin. Et ce, tout en étant bien conscients qu’il leur est nécessaire, face à Parcoursup et loi ORE, de se mobiliser sur leurs revendications propres. Comme l’a dit une lycéenne interviewée par Ouest France, « on fait ça pour notre avenir, et aussi pour nos parents » : une belle leçon de convergence, seule façon de vaincre face au rouleau compresseur des attaques généralisées.

Du côté des enseignants, une assemblée générale de l’éducation a rassemblé 80 personnes avant le départ de la manifestation. L’occasion de recevoir une délégation de cheminots, venus expliquer plus en détail le contenu des attaques qui les touchent non seulement eux en tant que travailleurs, mais qui concernent aussi l’ensemble de la population en tant qu’usagers de la SNCF : beaucoup de lycéens et de professeurs des collèges et lycées du Mans viennent de la campagne alentour et seront directement impactés par les fermetures de « petites » lignes et l’augmentation du prix des abonnements liée au passage à la concurrence. L’assemblée générale a également permis de s’interroger sur la tactique à mettre en œuvre pour construire le mouvement, en mettant en marche l’ensemble des collègues. Le mouvement dans le primaire et le secondaire a effet besoin de se structurer, à travers notamment de réunions d’information syndicale de convergence et l’organisation de tournées d’écoles qui permettent d’expliquer les réformes en profondeur et de débattre des modalités de la mobilisation – plutôt que d’attendre passivement et les armes au pied la future date du 22 mai. Une assemblée générale réussie donc, qui s’est concrétisée par un rassemblement devant le lycée Touchard l’après-midi même, afin de discuter des réformes en cours avec les profs et les lycéens.

Convergence sur le parvis de la gare

La manifestation s’est terminée sur le parvis de la gare, où les cheminots mobilisés assuraient un barbecue géant, dans une belle démonstration de convivialité : l’occasion, pour les différents secteurs présents, de discuter autour d’une sandwich et d’une bière. S’il était bien agréable de pouvoir se restaurer à l’issue de la manifestation, on peut cependant regretter que les cheminots n’aient pas défilé aux côtés de la fonction publique et des lycéens, pour afficher une image plus forte et grossir les rangs du cortège. En grève depuis le 22 mars, les cheminots sont l’actuelle locomotive du mouvement, dont les autres secteurs doivent urgemment raccrocher les wagons !




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