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Politique

On sait de quel côté penche le cœur de la police

Le Pen à Marseille. Quatre antifas brutalement interpellés

A Marseille, mercredi, on a assisté au même scénario qu’à Paris l’avant-veille : alors que Le Pen vomissait son venin, les militants anti-FN étaient matraqués.

Quatre militants antifascistes ont été arrêtés hier à Marseille lors d’une manifestation partie des Réformés contre le fascisme et le Front National. C’est dans le confort d’un État d’Urgence renforcé pour le dernier meeting de sa campagne que Marine Le Pen a pu vomir ce 19 avril son discours raciste et xénophobe habituel avec pour thèmes principaux sa dynamique ultra-sécuritaire contre le terrorisme, l’immigration et la délinquance. Tout comme à Lille, Aubervilliers, Bordeaux ou Paris, on voit de quel côté penche le cœur de la police qui, armée du RAID et de tireurs d’élites, protège avec soin le meeting du Front National tout en gazant et en réprimant les manifestations.

Encore une fois, en réponse à la présence de Marine Le Pen, un rassemblement en marge du meeting du Front National s’est formé à l’appel de la CNT, Sud, l’UNEF et du NPA. Près de 1000 personnes sont parties des Réformés aux alentours de 18h jusqu’à la salle de concert du Dôme où se tenait le meeting. Plusieurs stations de métro ont été fermées afin d’empêcher un rapprochement trop rapide des manifestants. Le plus marquant restant pour autant le fait que la police se soit donnée à cœur joie d’encadrer le meeting. En marge de la manifestation, quatre militants ont été violemment interpellés alors que trois d’entre eux sont encore placés au commissariat de Noailles.

Marine Le Pen pendant ce temps pouvait appeler à “l’insurrection nationale” devant 6500 personnes, propageant sa haine du “fondamentalisme d’un islam totalitaire” et de l’immigré, sous la bonne protection d’une vingtaine de policiers armés de fusils à pompe postés aux grilles du bâtiment et de CRS aux matraques et lacrymos.

Doit-on pour autant s’étonner que la police fasse office de chien de garde du Front National aux portes de ses meetings alors que les militants antifascistes sont violemment réprimés et repoussés par « sécurité » ? La réaction policière radicale à laquelle fait face chaque manifestation anti FN s’illustre dans le choix électoral dont font preuve les effectifs policiers. Lorsque la moitié du contingent policier donne son vote au Front National aux dernières élections régionales, lorsque la police se permet de manifester et de demander une radicalisation des dispositifs de répression, se permettant une multiplication des assassinats par rapport à son cadre de répression habituel, le PS au pouvoir n’a su que se coucher. Devant les manifestations de l’automne dernier, la seule réponse du PS aura été le renforcement du dispositif policier et la légalisation en bonne et due forme du droit pour celle-ci de tuer. Et la bassesse des propos de François Hollande à Clichy-sous-Bois pour soutenir sa police et son rôle « exemplaire » rappelle combien c’est également sa politique qui a fait le lit, tout au long du quinquennat, de l’extrême droite.




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