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Jeunesse

Le Printemps Républicain jette en pâture une étudiante voilée mobilisée contre la sélection

Samedi soir, l’équipe du Printemps Républicain a encore frappé, en se saisissant de l’interview sur M6 d’une responsable voilée de l’UNEF à des fins islamophobes.

Il aura suffi d’un post de Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques, théoricien de l’« insécurité culturelle » et chef de file du Printemps Républicain (une organisation laïcarde, proche de la « gauche » de Manuel Valls) pour créer le scandale. Samedi soir, à la suite de son interview sur M6, Maryam Pougetoux, présidente de l’UNEF de Paris IV, était livrée en pâture aux islamophobes de tout poil sous la houlette de Laurent Bouvet, habitué des cabales anti-musulmans sur les réseaux sociaux.

La surenchère ne s’est pas faite attendre du côté de certains anciens socialistes. Cécile Pina, ex-élue PS membre du Printemps Républicain, s’est ainsi empressée de dénoncer le « noyautage du syndicalisme étudiant » par les Frères Musulmans, participant du « développement des filières indigénistes et islamistes » dans les universités. Rien que ça.

Sur Facebook, le fondateur de SOS Racisme et conseiller régional du PS, Julien Dray a réagi au post de Cécile Pina en expliquant que : « la direction du syndicat qui accepte cette jeune dame comme dirigeante souille tout notre combat mené dans les universités ...bien des membres de l’UNEF doivent être effaré ... ». Le fondateur de l’UNEF-ID a reçu en retour une volée de bois vert par la droite, accusé avec le PS d’avoir trop tardé à dénoncer cette situation.

La polémique a ensuite été reprise par de nombreuses figures de la droite et de l’extrême-droite de Nadine Morano au site Français De Souche. Sans surprise, le Printemps Républicain et sa cohorte d’anciens membres du PS se placent ainsi, une fois de plus, à la tête de la réaction anti-musulmane, sous couvert de promotion de la laïcité.

Dimanche, l’UNEF Sorbonne a pris la défense de la représentante en dénonçant les appels à la haine de Laurent Bouvet et en condamnant « le déferlement de haine raciste, sexiste et islamophobe dont Maryam est victime. » Sur Twitter, un hashtag #SoutienAMaryam a été lancé en soutien à la syndicaliste étudiante.

Si cette affaire est une micro-polémique orchestrée une fois de plus pour attaquer les femmes musulmanes, elle participe aussi à invisibiliser les propos de Maryam contre la sélection à l’université et à les décrédibiliser sous couvert de « laïcité ». A l’image des attaques sexistes subies sur les réseaux sociaux par certaines figures féminines de la lutte étudiante, comme Juliette ou Leila à Tolbiac, les oppressions sont utiles à tous ceux qui entendent discréditer le mouvement contre la sélection.




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