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Monde

Crise au Venezuela

Le Venezuela au bord de la faillite

Accablé par les dettes, l’état vénézuélien est au bord du défaut de paiement, un problème majeur qui s’ajoute à l’hyperinflation qui ronge son économie interne et à la crise institutionnelle à laquelle est soumis le gouvernement Maduro depuis plus d’un an. Le cours du baril de pétrole est toujours sous le dollar ce qui ruine l'économie du pays, énormément dépendante des revenus pétroliers.

Crédit Photo : AFP

L’économie vénézuélienne est dans le gouffre, en plus du chaos politique interne, le défaut de paiement se profile comme l’option la plus probable ce vendredi. L’état doit rembourser 81 millions de dollars d’un bon de la compagnie pétroliers PDVSA, groupe qui appartient à l’état vénézuélien et principal débiteur du pays. Mais les dettes s’enchaînent, et les délais approchent. Lundi, un autre versement de 200 millions de dollars est programmé et l’état vénézuélien doit rembourser 1,47 milliards de dollars d’intérêts en divers bons avant la fin d’année. En 2018, c’est environ 8 milliards d’euros que l’état remboursera.

L’hyperinflation paralyse le pays. Les estimations annoncent une inflation de 950 % pour l’année 2017 et les mesures de gel des prix prises par le gouvernement se sont avérées complètement inefficaces. La baisse des revenus pétroliers limite l’importation des produits de première nécessité et le marché noir explose.
Cette semaine, face à l’imminence d’un défaut de paiement, les agences S&P, Fitch et Moodies ont dégradé la note du Venezuela. Malgré les tensions politiques qui secouent le pays, le gouvernement a toujours réussi à trouver une issue pour payer à terme les échéances. En effet, en dépit des conflits les plus aigus entre l’impérialisme Américain et le Venezuela Chaviste, le gouvernement « bolivarien » n’as jamais cessé d’envoyer des milliards des dollars sur les comptes de ses créanciers impérialistes. Arrivé à ce stade les montants faramineux engloutissent de plus en plus les réserves et la dette de l’état vénézuélien s’estime à 150 milliards de dollars. Problème majeur, les réserves en devises on chuté à près de 9,7 milliards de dollars.

Maduro a convoqué les créanciers internationaux pour établir un cadre de négociation. Le rendez-vous se tiendra lundi prochain, un accord ayant déjà été conclu cette semaine avec la Russie pour 9 milliards de dollars. Mais les sanctions prononcées par Washington empêchent les créanciers de participer à une renégociation, en théorie. Ce rendez-vous démontre le plan sur lequel agit le gouvernement dit « socialiste » de Maduro, assurer le payement de la dette aux capitalistes en suppliant une renégociation de la dette, les « fond vautours » ne vont pas se faire attendre, comme dans le cas de l’Argentine.

Ceci signe la fin d’un processus qui a débuté en 1999 avec l’arrivé au pouvoir de Chavez et l’application de son programme nationaliste bourgeois, issue de la vague « populiste de gauche » qui s’est répandue en Amérique latine suite à la crise du néolibéralisme aux alentours des années 2000. Le projet s’est basé entièrement sur la rente pétrolière, en nationalisant une grosse partie de l’industrie du pétrole. Le gouvernement Chavez a rééquilibré la redistribution de la rente ce qui lui a permis d’instaurer une période de bienfaisance sociale, avec des aides de types divers. En profitant de cette nouvelle redistribution, le gouvernement a certes aidé à réduire les disparités sociales en construisant des hôpitaux, écoles et logements. Ce qui lui a permis d’obtenir le soutien inconditionnel d’une large partie des masses les plus paupérisés du pays.

Aujourd’hui, la persistance de la crise économique mondiale et notamment les bas prix du baril de pétrole, font que l’économie rentière vénézuélienne tombe en morceaux. Moins populaire auprès des masses que Chavez et avec un bilan économique désastreux, Maduro perd peu à peu le soutien des secteurs les plus pauvres de la population. Affaiblie par une crise politique de grande ampleur, le gouvernement manœuvre et a appelé la constituante pour trouver un rapport de forces plus favorable auprès des masses. Ce faisant, il continue à négocier avec l’opposition libérale, l’ombre démocratique de l’impérialisme, qui le tient en échec et le force au dialogue. Le gouvernement Maduro finira par donner un tournant encore plus austère et répressif, s’il le faut, pour arriver à garder le pouvoir, tout en appliquant une partie des demandes de la droite libérale. Ni l’opposition, ni le soutien à Maduro ne pourront sortir le peuple vénézuélien de son marasme économique, encore moins l’espoir dans la bureaucratie syndicale. Seule l’auto-organisation et l’indépendance vis à vis de toutes représentations bourgeoises pourront donner un cours nouveau à l’histoire du peuple vénézuélien et latino américain.




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