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Politique

Malencontreuse fuite …

Le calendrier (très) serré des ordonnances Macron pour éviter la mobilisation des syndicats

C’est Médiapart qui a révélé l’information. Les ordonnances sur le travail promises par Macron s’enchaineront du 14 juin au 20 septembre. Loin d’une négociation du calendrier, le plan donné aux syndicats était donc bien celui prévu par Macron.

Crédits photo : PHILIPPE WOJAZER / AFP

Tout plier avant la fin septembre. Le gouvernement se lance dans un véritable sprint estival pour imposer, à grand coup d’ordonnances, sa réforme du code du travail promise lors de la campagne présidentielle. Alors que Edouard Philippe avait annoncé sur France 2 qu’une présentation des fameuses ordonnances Macron serait prévue avant la fin septembre, Médiapart a dévoilé un document confidentiel, que nous présentons ci-dessous : On y apprend que le processus n’attendra pas les législatives et se terminera le 20 septembre.

Une première question se pose forcément après avoir pris connaissance de ce timing ultra serré. Bien sûr, le fait que les réformes voulues par Macron soit d’ors et déjà dans les cartons est un secret de polichinelle, mais le document de Médiapart a le mérite d’apporter une preuve irréfutable qu’en réalité même, le calendrier n’était pas à négocier… Ainsi le néo-président entend bien profiter des vacances d’été pour annoncer les mesures et présenter un simulacre de dialogue social avec les syndicats, histoire de profiter de ce temps généralement dévolu aux vacances, pour faire passer le maximum d’attaques, tout en y adjoignant les formes généralement convenues, à savoir endormir les directions syndicales en leur donnant des miettes. Donc profiter de son gouvernement de combat contre le monde du travail pour avancer au maximum.

Malgré la posture extrêmement dure adoptée par Emmanuel Macron, le néo-président a naturellement conscience que ses velléités offensives contre les travailleurs pourraient mettre le feu aux poudres. Il est d’ailleurs intéressant de noter que quoiqu’il en soit le calendrier est calé pour éviter la rentrée universitaire qui pourrait bien être une étincelle comme lors du mouvement contre la loi Travail. Loin de faire l’unanimité et de disposer d’une base sociale suffisamment large pour s’assurer un début de quinquennat paisible, Macron choisit toutefois de passer en force, en cherchant à profiter de l’été pour plier l’affaire, et en mettant tout en œuvre pour que les braises du printemps derniers ne rallument pas un incendie. Un choix risqué, mais indispensable pour effectuer les réformes structurelles souhaitées par les classes dominantes de l’hexagone, qui s’estiment en retard sur leur principal concurrent, à savoir l’Allemagne. Reste à savoir si les révélations de Médiapart ne risquent pas de modifier quelque peu la feuille de route, ce qui au vu du numéro d’équilibriste pour faire passer les réformes par ordonnances, n’est pas sans risque.




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