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Italie. Violences policières

Le chef de la police admet que les manifestants anti-G8 ont été torturés à Gênes en 2001

La répression des manifestations anti-G8 à Gênes en 2001 avait marqué les esprits par sa brutalité et par l'assassinat de Carlo Giuiliani par la police. Mercredi dernier, Franco Gabrielli, chef de la police italienne, reconnaissait que des manifestants avaient été victimes d'« actes de torture ».

Le sommet du G8 en 2001, et son contre-sommet qui regroupait des centaines de milliers de manifestants, avait forcé les grandes puissances mondiales à montrer un degré de répression qu’ Amnesty International qualifie de « la plus grave atteinte aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la fin de la seconde guerre mondiale ». En effet, en plus d’avoir abattu Carlo Giuilianni par balle le 20 juillet 2001, la police italienne s’est livrée deux jours plus tard à une descente en pleine nuit à l’école Diaz où étaient regroupés tous les manifestants disposant de preuves vidéo ou photo des violences policières commises pendant ces quatre jours de manifestation.

Les manifestants ont été surpris pendant leur sommeil par les carabiniers qui se sont alors livrés à ce que la Cour européenne des droits de l’homme considère « comme des actes de torture, en raison des souffrances physiques et psychologiques aiguës provoquées chez les intéressés ».

En plus d’avoir été battus, les quelques 300 manifestants de l’école Diaz ont été séquestrés pendant trois jours dans la caserne de Bolzaneto. Ils ont alors subi des actes de tortures d’une extrême brutalité : violences physiques, menaces de viol, humiliations en public. Certains manifestants sont restés plaqués au mur pendant des heures et des manifestantes ont été mises nues devant les policiers.

Il y a un mois, la Cour européenne des droits de l’homme a, pour la seconde fois, établi qu’il s’agissait d’une violation de l’article 3 de la Convention européenne des Droits de l’Homme, c’est-à-dire d’actes de « torture ». Aujourd’hui c’est le chef de la police italienne, Franco Gabrielli, qui l’a reconnu lui-même publiquement :

Je le dis clairement, il y a eu des actes de torture. De torture.

Après un premier procès en 2008 qui n’avait abouti qu’à sept condamnations en 2013, Rome s’est vu imposé de dédommager un manifestant en 2015 pour les actes de torture qu’il avait subi à Gênes de la part de la police. A l’heure actuelle, ce sont 42 manifestants qui ont fait reconnaître les sévices dont ils ont été victimes par les carabiniers et qui ont fait condamner l’Italie. Et la reconnaissance officielle des faits par le chef de la police est une nouvelle victoire partielle pour les victimes.




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