^

Monde

Attaque en règle contre LaIzquierdaDiario.es

Le chef des flics de Catalogne veut faire taire un journal qui dénonce les violences policières

Verónica Landa : c’est le nom de la militante féministe et journaliste de LaIzquierdaDiario.es contre laquelle Sebastián Trapote, chef de la Police Nationale en Catalogne, a décidé de porter plainte. Ce qu’il lui reproche ? Dénoncer les violences dont ses hommes et lui-même sont accusés.

Trapote a en effet porté plainte contre Verónica Landa, militante féministe de Pan y Rosas, membre de l’organisation de jeunesse Contracorriente et journaliste de LaIzquierdaDiario.es, le quotidien en ligne auquel est lié RévolutionPermanente.fr à travers le réseau de journaux LaIzquierdaDiario présent en Argentine, en Bolivie, au Brésil, au Chili, au Mexique, en Uruguay, au Venezuela mais également en Allemagne, aux Etats-Unis et de l’autre côté des Pyrénées. Au cœur de la plainte pour diffamation se trouve un article signé par Vérónica et publié sur LaIzquierdaDiario.es en avril 2017.

Dans cet article, Verónica passait en revue les différents cas de violences et d’abus dont est coupable la police de l’Etat espagnol et qui ont débouché par de simples non-lieu. Parmi ces différentes affaires il y a la mort d’un jeune, en 1974, tué d’une balle dans le dos, tiré à bout-portant par celui qui n’était à l’époque que le simple inspecteur Trapote et qui est aujourd’hui le plus haut responsable de la Police Nationale en Catalogne et qui a été au cœur de l’opération de répression contre le référendum du Premier Octobre. Trapote n’a jamais été inquiété par la suite puisque les juges de la dictature ont classé l’affaire. Néanmoins, le meurtre de José Luis Herrero Ruiz a bien été prouvé et démontré dans de multiples articles et ouvrages. Ce que montre cet assassinat comme tant d’autres, mis en lumière par Amnesty International, c’est la continuité entre les forces de répression du franquisme et celles de la « démocratie », mais également au niveau de l’appareil judiciaire et politique.

C’est d’ailleurs ce même régime, issu du pacte de 1978, après la mort de Franco, qui se raidit, aujourd’hui, contre la Catalogne, contre le droit démocratique des peuples à disposer d’eux-mêmes, contre les libertés démocratiques et contre le mouvement ouvrier combatif. La plainte contre Verónica n’est pas un cas isolé comme le rappelle la politique ultra-répressive de Madrid contre le mouvement en Catalogne. A l’instar des sites de gauche radicale comme Kaos en la Red ou La Haine qui ont publié un communiqué commun aux côtés de LaIzquierdaDiario.es en appui à Verónica, nous affirmons, de notre côté des Pyrénées, notre solidarité pleine et entière avec la camarade et toutes celles et tous ceux qui luttent, dans l’Etat espagnol, contre la monarchie, contre la répression et contre la mise au pas du mouvement ouvrier et démocratique.

Aux côtés de Verónica, qui a été convoquée au tribunal n°32 de Barcelone le 2 juillet prochain, nous rappelons, comme le disent les camarades dans le communiqué commun, que « la fable de la ‘Transition pacifique’ nous a été vendue à grands renforts de cymbales. En réalité, elle n’a été ‘pacifique’ que pour les grandes familles et pour les institutions franquistes qui sont devenues, du jour au lendemain, ‘démocratiques’, à l’instar de la Police Nationale, de la Garde Civile ou du Tribunal Suprême [Audiencia Nacional], de même qu’une multitude d’institutions qui continuent à fonctionner avec les mêmes structures et avec les mêmes personnes que sous Franco ».

[Photo : Verónica Landa, LaIzquierdaDiario.es]