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Le communisme n’est pas une utopie

Cette note éditée dans La Izquierda Diario, journal de notre réseau international de quotidiens en ligne, remet en perspective le communisme, non plus comme une utopie, mais comme une société possible et nécessaire.

Sans doute as-tu déjà entendu dire que c’est une société « impossible à mettre en place », « autoritaire », « où il n’y a pas de liberté », et autres qualificatifs. Mais qu’est ce que le communisme ?

Article de Jesica Calcagno pour La Izquierda Diario

Traduction : Julien Anchaing

Possible et nécessaire

Pour commencer, il est nécessaire de rappeler que, selon le marxisme et le matérialisme historique, le capitalisme n’est ni naturel, ni éternel. Il fut créé par des hommes et des femmes qui l’ont modifié à travers le temps, il peut être détruit et surpassé. Mais Marx et Engels ne restèrent pas sur cette définition. Ils allèrent plus loin et découvrirent que le capitalisme est basé sur le profit d’une minorité d’entrepreneurs qui, pour être propriétaires, volent une partie d’une travail des ouvriers : actuellement 8 hommes possèdent la même richesse que 3 milliards 600 millions de personnes les plus pauvres au monde.

Pour cela, la fameuse phrase du Manifeste du Parti Communiste qui affirme que le capitalisme créé ses propres sépultures : à mesure qu’il cherche à maximiser ses profits, la classe ouvrière croît et se développe, se concentre dans de grandes fabriques et services et acquière un énorme pouvoir car c’est elle qui fait tout se mouvoir : les transports, les banques, la production alimentaire et vestimentaire, la construction, les moyens de communication.

Et il y a plus : ils affirmèrent que la propre concurrence entre les entrepreneurs fait que se développent de nouvelles technologies et machines pour augmenter la productivité du travail, produire plus en moins de temps, moins cher et avec moins d’efforts. Mais comme c’est un système absolument irrationnel, il ne peut ni généraliser les avancées des sciences et de la technologie à toutes les branches de l’industrie ou des services, ni les diffuser à tout les pays. Sa survie dépend du fait de continuer à voler une partie du travail aux salariés pour faire du profit et maintenir ses privilèges. Cette contradiction, qui génère d’énormes inégalités sociales, aboutit à des guerres entre les pays et à la destruction de l’environnement. Elle provoque aussi des crises économiques récurrentes au niveau international. Il n’y a pas de sortie à la souffrance de la majorité de la population au sein du capitalisme.

Ce sont ces contradictions, propres à l’irrationalité capitaliste, qui fondent la possibilité de le surpasser avec un nouveau système social sur d’autres bases non régies par le profit d’une minorité de capitalistes. Pour cela, le communisme n’est pas seulement possible, sinon nécessaire.

Qu’est ce que le communisme ?

Pour la jeunesse de la Fraction Trotskiste de la Quatrième internationale, c’est l’objectif pour lequel nous militons et construisons un parti révolutionnaire. Parce que le capitalisme ne va pas chuter seul, et parce que la société communiste n’est pas inévitable. Il faut lutter pour elle, avec un parti qui s’y propose. Certains disent « quand il le faudra je serai avec vous ». Mais ce futur commence à se construire aujourd’hui. C’est pour cette raison que nous te demandons : pourquoi ne milites-tu pas pour le communisme ?

Marx définissait le communisme comme « une association d’hommes libres qui travaillent avec les moyens de production collectifs et emploient, consciemment, toutes leurs forces de travail individuelles comme une force de travail social ». Hommes et femmes libres qui n’ont ni à travailler de manière imposée pour survivre leur coûtant leur santé, ni qui ne sont condamnés à la précarisation, au chômage et à la misère. Une société sans classes sociales, où tout le développement de la science et de la technologie est mis au service de la réduction au minimum du travail indispensable, jusqu’à ce qu’il ne représente qu’une portion insignifiante des occupations des êtres humains. Une organisation qui socialise et planifie consciemment l’économie et qui peut satisfaire ainsi toutes les nécessités collectives.

Cela permettrait le développement de forces humaines et créatives inimaginables, ce qui est le véritable objectif du communisme, qui ouvrirait ainsi le passage au temps libre et aux loisirs, et avec lui le développement de la culture, de la science, de l’art, de l’éducation et le sport, déployant toutes les capacités humaines et en harmonie avec la nature.

La condition fondamentale pour cela est la réduction toujours plus grande de la journée de travail, qui aujourd’hui est possible avec l’actuel développement des sciences et de la technologie. Pour cela Marx disait que le communisme est « le mouvement réel qui annule et surpasse l’état des choses actuelles ». Parce que, prenant ces avancées que le capitalisme a lui-même créées, il les déploierait à plus grande échelle, les surpassant et permettant le développement complet et créatif d’une humanité libérée des chaines de l’exploitation et de l’oppression.

Sans Etat

Annuler et surpasser le capitalisme implique de le faire non seulement sur le terrain économique, mais aussi sur le politique. La condition pour atteindre le communisme est de détruit l’actuel Etat, la dictature du capital, qui représente les intérêts des entrepreneurs et la garantie de l’exploitation et de l’oppression, avec ses lois, ses forces de sécurité, ses institutions et ses moyens de communication.

L’unique forme qui la surpassera est celle du gouvernement de la majorité des travailleurs par eux-mêmes, où chacun pourra délibérer et décider des choix d’un pays.

Au contraire du capitalisme, le communisme est une construction consciente et créatrice, et est irréconciliable avec l’existence de toute bureaucratie qui contrôle ou limite en fonction de ses intérêts particuliers ou individuels. Pour cela, le développement de la plus ample démocratie basée sur les organismes d’auto-organisation comme les soviets ou les conseils, est l’unique moyen pour avancer jusqu’au communisme et l’extinction de toute forme d’Etat.

La destruction de l’Etat bourgeois est seulement possible avec une révolution ouvrière et socialiste, qui le remplace par un Etat ouvrier (de la majorité sur la minorité capitaliste, et non au contraire comme c’est actuellement le cas. Lénine, suivant Marx, l’appelait « la dictature du prolétariat »). Basée sur ses organismes démocratiques s’ouvrira une période de transition entre le capitalisme et le communisme, comme le début d’un profond processus de transformation radicale de tous les aspects de la vie, qui élimine les classes sociales – qui ne disparaissent pas seulement avec la prise révolutionnaire du pouvoir par le prolétariat.

Cette transition est celle qui va servir d’appui pour l’extension de la révolution sociales sur le terrain international, parce que pour surpasser le capitalisme, qui est mondial, il est nécessaire de construire un communisme à la même échelle.

La Révolution Permanente

Dans la lutte pour le communisme, nous nous basons dans toute la tradition et le lègue de Léon Trotsky, qui permit la continuité et le développement du marxisme avec pour base l’énorme expérience de la Révolution Russe de 1917, de laquelle nous fêtons le centenaire.

Ce fut Trotsky qui élabora la théorie-programme de la Révolution Permanente, qui plante une stratégie globale liant le commencement de la révolution à l’échelle nationale avec le développement de la révolution internationale et son point culminant au niveau mondial. Où le début de ce lien ne doit pas nécessairement commencer dans les pays les plus développés mais il peut commencer dans les « maillons faibles », c’est-à-dire les pays les plus arriérés et les plus dépendants des impérialistes comme le nôtre (L’article est publié en Argentine).

Ce fut Trotsky qui se confronta au stalinisme qui a conduit à la bureaucratisation de la révolution russe et à la vulgarisation d’un socialisme seulement possible dans un seul pays.

Création Permanente

Si le communisme est ce « mouvement réel », qui est rendu possible par les avancées et contradictions du capitalisme, et nécessaire pour dépasser la barbarie irrationnelle du monde actuel, il a aussi un aspect qui reste indéterminé. Il n’y a pas de recette pour qu’on nous dise « comment il sera ».

Parce que le communisme est une construction permanente, pour cela aujourd’hui il n’y a pas de réponse totale et absolue, parce qu’il dépendra aussi pour son développement de conditions matérielles et historiques.

Comment va être la relation entre liberté individuelle et collective ? Comment va se planifier l’économie en fonction des nécessités de la majorité ? Quelles formes d’organisation politiques il y aura ? Comment se manifesteront et que seront l’art et la culture ? Et l’éducation ? Comment vont se répartir les ressources et la nourriture ? Comment vont fonctionner les modes de communication ? Certaines questions que nous ne pouvons pas développer ici, mais nous pourrions le faire dans des prochains articles.

Toi, comment tu l’imagines ? Nous t’invitons aussi à nous écrire tes doutes, ou ton idée de comment serait tel ou tel aspect de la vie dans une société communiste. Nous t’invitons à créer et donner vie à cet objectif libérateur.




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