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Société

Combat de MMA et concert de RAC

Le concert de Rock Against Communism : de nouvelles festivités néo-nazies en Haute-Savoie

Alors qu’à plusieurs reprises des camps incluant des espaces non mixtes racisés font polémiques et sont même menacés d’interdiction, pour la quatrième fois de suite, les néonazis ont eu pignon sur rue et organisent en France un combat de MMA et de RAC.

Pendant que le festival Nyansapo se fait attaquer en justice par Anne Hidalgo, les néonazis s’organisent de leur côté sans trop de crainte. Il y a le squat du GUD dans le vieux Lyon qui vient d’ouvrir, il pourrait y avoir Suavelos, un camp réservé aux blancs, et ce week-end aura sûrement lieu une petite soirée où il ne devrait pas y avoir beaucoup de « mixité »… comme nous prévient la Horde, collectif antifasciste. 

Plusieurs partenaires participent à cette soirée, une soirée festive, violente et internationale. Si c’est surtout « Pride France », une marque de vêtement en ligne dont le slogan est « fabriqués par et pour les Blancs », qui organise la soirée, c’est aussi un événement organisé par White Rex, un groupe de MMA nationaliste russe qui vend lui aussi des vêtements. Les participants pourront alors acheter une nouvelle garde-robe au folklore néonazi mais pas d’alcool. Car ce qui est prôné c’est le mode de vie « Straight Edge (SxE) » - un mouvement qui prône la non consommation de la drogue et de l’alcool et qui a plusieurs déclinaisons politiques et culturelles- et qui sera ici imprégné de l’idée que la violence est une valeur positive grâce à la conférence de Pride France et d’un second groupe russe, « PPDM Straight Edge Father Frost More »). Niveau musique, le style de Rock Against Communism sera international grâce à la venue de deux groupes italiens et d’un groupe espagnol. 
Le programme de la soirée est aussi du MMA (pour mixed martial arts et anciennement free fight) dont les tournois -et non la pratique- sont interdits (en raison d’une législation qui proscrit les coups portés au sol dans les sports de combat). La tenue de cette soirée est donc clandestine, mais les participants peuvent acheter leur place facilement sur internet…En revanche le lieu reste secret jusqu’au dernier moment : les organisateurs louent une salle pour « une soirée privée » et au dernier moment, dévoilent les lieux. 
Et alors que les manifestations sont durement réprimées : les trois précédents tournois de MMA néonazis étaient entourés d’un dispositif policiers mais ont pu continuer tranquillement jusqu’à 9h du matin…

Si la police n’inquiète donc pas vraiment l’organisation de ces manifestations c’est qu’elle n’inquiète pas beaucoup ses organisateurs. Ainsi l’année dernière, une perquisition chez Blood&honnour, une organisation néonazie qui collabore avec Pride France, avait permis à la police de découvrir des dizaines d’armes à feu et armes blanches et des babioles nazies. En plein état d’urgence, la justice s’était permise de les mettre en examens pour « association de malfaiteurs, acquisition, détention et cession d’armes en bande organisée et participation à un groupe de combat » mais ne s’était pas permise plus, car tous ont pu ressortir libres (sous contrôle judiciaire), le parquet jugeant qu’il n’y avait pas de risque de trouble à l’ordre public… 
En ce moment l’affaire des noyés de la Deule ressort enfin. Alors qu’on se demande si la police n’aurait pas couvert les assassins identitaires lillois qui ont également armé le terroriste de l’Hyper Cacher Amedy Coulibaly, ce qui est sûr, c’est que nous n’avons pas à nous demander si la police est là pour nous protéger, comme dit la chanson « sauvons nous nous-mêmes » !




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