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Monde

Le coup d’Etat se poursuit au Brésil

L’ancien président Lula condamné à 9 ans de réclusion pour corruption

La crise n’en finit pas de se prolonger au Brésil. Dernier épisode en date : la condamnation de l’ancien président Ignacio Lula da Silva, figure emblématique du parti des Travailleurs.

La nouvelle est tombée jeudi comme un coup de tonnerre. L’ancien président du Brésil entre 2003 et 2011 a été reconnu coupable en première instance de corruption passive et de blanchiment d’argent dans le cadre de l’enquête sur le réseau de corruption entourant la gestion des appels d’offre de la multinationale brésilienne du pétrole Petrobras.
Les avocats de l’ancien président ont déjà annoncé qu’ils feront appel de cette condamnation qui n’implique pas, pour l’heure, que Lula soit envoyé derrière les barreaux. Il reste cependant visé par d’autres enquêtes similaires l’accusant d’avoir perçu des pots-de-vin de la part du géant brésilien du BTP, Odebrecht, et de la multinationale de l’agroalimentaire JBS.

Le juge en charge de l’enquête, Sergio Moro, formé aux Etats-Unis, est directement piloté par le Département d’Etat nord-américain. A la tête d’une sorte de « bonapartisme judiciaire », Moro a pour charge d’arbitrer l’intense crise politico-institutionnelle brésilienne qui a mené, notamment, au coup d’Etat institutionnel contre Dilma Rousseff, dauphin de Lula, en août dernier.

Les enquêtes en cours pour corruption visent également le président putschiste actuel, Michel Temer, éclaboussé comme plusieurs de ses soutiens politiques par les scandales de corruption à répétition et qui risque un procès en destitution, le tout sur fond d’une remontée importante de la conflictualité sociale au Brésil qui n’est pas sans inquiéter l’impérialisme et le patronat.

Selon les dernières enquêtes d’opinion, Lula figure parmi les favoris en cas d’élections présidentielles au Brésil en 2018. Figure tutélaire du parti des Travailleurs, l’ancien président serait définitivement mis sur la touche si un jugement venait à valider sa condamnation en appel.

Diana Assunção, membre de la direction nationale du Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs, a souligné pour Esquerda Diário – Brésil combien, « sans pour autant défendre la politique du PT lorsqu’il était au gouvernement, ni Lula, bien au contraire, puisque le MRT a toujours combattu et continue à combattre son orientation de conciliation de classe, l’Opération Lava Jato [du nom des enquêtes diligentées par le juge Moro] a montré qu’elle était en réalité une arme de coup d’Etat institutionnel visant à cacher un scandale de corruption par un autre. Alors que les contre-réformes avancent au Brésil, menées sans coup férir par Temer, avec la complicité de Força Sindical et la passivité de la CUT et de la CTB malgré plusieurs grèves générales, la condamnation de Lula n’est pas une condamnation pour corruption. Il s’agit d’une condamnation liée à la volonté de renforcer les attaques contre le monde du travail, même si cela fait très longtemps que le PT ne représente plus les intérêts des classes laborieuses du Brésil ».




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