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Faire passer les victimes pour des coupables

Le couple de la Contrescarpe, tabassé par Benalla, appelé à comparaître au tribunal

Mardi 2 octobre, on apprenait que les deux jeunes tabassés par Benalla le 1er mai étaient placés en garde à vue. Le motif ? Violences volontaires contre personne dépositaire de l’autorité publique. Pourtant, « le couple de la Contrescarpe » a déjà été mis en garde à vue à l’issue de la manifestation et l’affaire avait finalement été classée sans suite. Aujourd’hui, on apprend qu’ils passeront tous les deux devant le tribunal correctionnel. En pleine affaire Benalla et dans un contexte de fragilisation de l’exécutif, la contre-attaque de l’Etat pour tenter de minimiser les faits est non seulement grossière mais scandaleuse.

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Une instrumentalisation de la justice à des fins politiques

Les deux jeunes victimes des exactions de Benalla en mai s’étaient déjà retrouvées devant la police en garde-à-vue. Les violences dont ils ont été victimes avaient été filmées et largement relayées, et constituaient une véritable bombe à retardement que l’Etat a voulu désamorcer à tout prix. Alors que les autres interpellés du 1er mai subissaient une répression judiciaire d’une grande ampleur, le couple de la Contrescarpe est relâché. Deux mois plus tard, l’affaire éclate et éclabousse tout l’exécutif jusqu’à Macron lui-même. N’ayant plus rien à dissimuler, il faut cette fois « justifier » le passage à tabac et transformer les victimes en coupables. Les voilà donc aujourd’hui replacés en garde à vue et assignés à comparaître pour violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique. La justice est de toute évidence instrumentalisée à des fins politiques. Dans le même temps, Alexis Kraland, reporter indépendant présent le jour des faits, déclare sur twitter être lui aussi convoqué par la police pour sa présence lors d’une « manifestation violente ». En réalité, c’est son travail de dénonciation qui est visé, travail essentiel qui contribue à protéger les manifestants contre les exactions des barbouzes de la macronie et de la police.

Les répliques de la répression du 1er mai

Ces événements rappellent combien la répression du 1er mai a été violente et l’action des manifestants puissamment montée en épingle. Alors que les médias décrivaient des jours durant des scènes de guérilla urbaine, le préfet Delpuech reconnaissait en aparté un bilan humain « extrêmement faible ». Derrière cette fausse violence décriée se dissimule pourtant une autre, bien réelle : la répression souvent arbitraire des manifestants, dont certains ont écopé de plusieurs mois de prison avec sursis pour avoir eu sur eux des foulards et des lunettes de piscine. Alors que les médias comparaient allègrement le cortège de tête à des terroristes, les chiens de garde de la macronie tabassaient en toute liberté des jeunes, arme de poing à la ceinture. Aujourd’hui, l’Etat tente d’en faire des criminels pour se blanchir autant que possible, quand Alexandre Benalla, de son côté, n’a pas encore été poursuivi. Mais la combine ne passera pas.

Relaxe pour Chloé et Georgios !


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