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Notre classe

Coup de gueule ouvrier

Le directeur de PSA Mulhouse au pays des merveilles…

Voici un coup de gueule d'un ouvrier de PSA Mulhouse qui a voulu réagir après avoir lu dans le journal L'Alsace un nouvel article qui cire les bottes de PSA Mulhouse. Afin qu'il puisse répondre à l'interview du nouveau directeur Jean-Baptiste Formery, nous lui ouvrons nos colonnes pour que la réalité ouvrière reprenne ses droits devant l'enfumage des patrons.

Crédit photo : AFP / Sébastien Bozon

"Le directeur de PSA Mulhouse au pays des merveille…", c’est le titre qui m’est venu à l’esprit lorsque j’ai eu la désagréable surprise de m’apercevoir que L’Alsace du 28 septembre 2018, l’un valets médiatiques de PSA Mulhouse, avait publié une fois de plus un article propagandiste. Cet article est dédié au nouveau directeur M. Jean-Baptiste FORMERY. Ce dernier déclare par exemple, et sans aucune vergogne, que tous les véhicules sortent avec les meilleurs niveaux de qualité, ceci avec une production optimisée. Sans doute adepte de la philosophie de Leibniz, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… La bonne blague !

Une vérité qui dérange !

Une usine premium, une production de qualité irréprochable et le tout dans une atmosphère idyllique où les ouvriers sont heureux d’aller travailler. Voici la vision du patron relayé dans les médias. Maintenant écoutons celle d’un ouvrier.

Une usine premium ? Celle-ci se résume à une ligne de montage construite à la va vite en low-cost et dont les pannes techniques, dont certaines auraient pu déclencher des accidents gravissimes, ne se comptent plus !

Une qualité dite irréprochable ̎ ? Ce sont quatre mille véhicules qui attendent d’être retouchés, des pannes de pièces à gogo entraînant des heures d’arrêt de ligne, ceci sans parler des multiples bricolages en attente des retouches proprement dites… Les clients jugeront…

Le climat social ? Ce sont des semaines de six jours pour les équipes du matin qui n’ont plus de samedi. Mais le pire reste pour l’équipe de nuit qui voit tous ses dimanches soirs réquisitionnés de force ; ceci sans compter les overtimes permanents qui rallongent nos journées de dix minutes, que la production soit faite ou pas ! Les intérimaires sont exploités à un tel point que la plupart des jeunes, dégoûtés, finissent par jeter l’éponge. Plutôt que de continuer à subir des conditions de travail datant du siècle dernier et payées à l’emporte pièce, ils préfèrent abandonner purement et simplement leur poste pour rentrer chez eux. Désormais, l’âge des nouveaux arrivants dépasse la cinquantaine… Du jamais vu en pratiquement trente années d’ancienneté !

Un baril de poudre prêt à exploser... mais quand ?

Malgré un semblant de calme olympien, tout le monde en a ras le bol ! Afin d’isoler les salariés, les interdits se multiplient. Cela va de l’utilisation du portable à l’interdiction formelle de communiquer avec son collègue et de s’éloigner de son poste durant les pannes. Seul le maniement du balai est autorisé durant les multiples arrêts de ligne ! Il suffirait d’une petite étincelle pour que tout explose… Et celle-ci pourrait bien se produire d’ici quelques semaines : La direction n’a pas trouvé mieux que de faire travailler la tournée en équipe d’après-midi le vendredi 2 novembre prochain, et n’a pas hésité à rajouter le samedi pour la tournée B ! La quasi-totalité des congés déposés pour le deux novembre a été refusé et là… Je peux vous garantir que cela ne passera pas !

Une nouvelle feuille de route M. Formery ?

Si je devais vous donner un conseil, ce serait d’établir une nouvelle feuille de route plus respectueuse de la réalité présente et des salariés qui sont là pour gagner leur vie et non pour servir vos ambitions. Mais si, comme je le pense, vous persévérez sur celle établie par Mme SPILOS, je vous conseille fortement de pendre la mesure de la colère sociale dans les ateliers .




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