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Notre classe

Une charge de travail toujours insuffisante

Le doute plane toujours sur l’avenir des GM&S

Ce mercredi 26 septembre, une réunion d’étape s’est tenu sur la situation de l’usine GM&S qui se nomme depuis la reprise LSI (La Souterraine Industry), le constat est loin d’être positif.

Crédit photo : PASCAL LACHENAUD/AFP

Nous ne reviendrons pas sur l’ensemble de la lutte des ouvriers de GM&S, que nous avions suivie avec attention, il y a plus d’un an maintenant. Rappelons qu’à l’issue de la reprise par le groupe GMD, seulement 120 ouvriers ont étés gardés sur les 277. Bruno Lemaire avait précisé quelques chiffres concernant les 156 salariés ayant perdu leurs emplois à ce moment là : « 62 ont retrouvé un travail (dont la moitié en CDD), 55 sont en formation professionnelle, 3 poursuivent un projet de création d’entreprise et 17 seniors ont fait le choix d’attendre leur départ en retraite ». On est, concernant cet aspect, loin d’atteindre une situation stable pour les ex-ouvriers de GM&S !

Quelques nouvelles coordonnées qui donnent de faibles garanties.

Mais suite à la réunion de ce mercredi 26 septembre, c’est l’avenir des 120 "sauvés" qui est en doute. En effet, suite à la reprise, l’accord été le suivant : GMD le repreneur en accord avec les deux constructeurs automobiles français Renaud et PSA s’était engagé à atteindre 22 millions d’euros de commandes annuels (12 millions de PSA et 10 millions Renaud), cet objectif, censé garantir une charge de travail suffisante pour l’usine déjà dégraissé.

Or aujourd’hui nous sommes loin de cet somme. Si rien ne change l’ensemble des commandes pour 2018 s’élèvera à 11,7 millions d’euros seulement (4,7 millions de Renaud et 7 millions pour PSA) d’après un communiqué de presse de Bercy. De la même manière, le prévisionnel pour 2019 monte à 17 millions, toujours loin des 22 millions promis ! On peut dans une certaine mesure trouver que ses promesses ne sont de toute manière pas suffisante de base, mais il, ce minimum n’est même pas respecté.

Car le problème est bien là, un an après une reprise et des promesses arrachées avec une lutte très combative, l’usine ne tourne pas. Un ouvrier racontait au micro de France 3 hier, image à l’appuie, que l’usine est au point mort. C’est ce danger là que pointent les ouvriers, qui menacent d’ailleurs d’attaquer les deux constructeurs français pour non respect de leur promesse.

De son côté le gouvernement, semble hausser légèrement le ton, mais reste comme a son habitude très passif. Le ministre de l’économie Bruno Lemaire indique que pour lui il y a de l’amélioration et que les commandes sont en hausses. Concernant la suite, il s’agirait de faire des efforts, il assure par ailleurs que « Les groupes GMD, PSA et Renault ont de plus accepté de prendre les mesures nécessaires pour que ce niveau encore trop faible de commandes n’ait pas d’impact pour les 120 salariés de l’entreprise LSI. », de bien faibles garanties.

Malgré les différentes sorties de Bruno Lemaire concernant ces nouvelles données, qui semblent du point de vue de certains médias "hausser le ton", on peut souligner une phrase très conciliatrice « Il ne faut pas hausser le ton, mais expliquer à quel point c’est importants ». Au delà des tournures de phrase, l’État n’a de toute évidence pas la vocation de faire respecter les engagements des industriels et le problème est bien là.

La logique des repreneurs, des GM&S au Ford, de fausses illusions ?

Un an après la reprise de l’usine, et ce a l’issue d’un combat remarquable des ouvriers de GM&S, on voit bien que la dynamique est loin d’être positive, les ouvriers restant dans l’usine sont obligés de maintenir une pression pour faire respecter les engagements des repreneurs et ceux qui ont été laissés de côté malgré le "suivi" du PSE n’a toujours pas débouché sur des solutions corrects pour tous.

Cette logique résonne malheureusement avec l’actualité d’une autre usine en cours de fermeture, celle de Ford Blanquefort. Encore une fois, une bataille sur laquelle nous ne reviendrons pas dans cet article, mais dont nous parlons régulièrement. Samedi dernier, Philippe Poutou, ouvrier de l’usine, ancien candidat du NPA pour les présidentielles de 2017 annonçait à l’issue d’une manifestation réussie, que suite a un rendez-vous avec Bruno Lemaire (toujours lui) un potentiel repreneur se profilait.

C’est évidement une solution qui se discute, mais il s’agit d’être vigilant, car tous le monde sait dorénavant que les reprises d’usines sont souvent douloureuses, moins que 1000 personnes à la rue certes, mais une reprise ne signifie pas, on le voit pour les ex-GM&S aujourd’hui, une pause dans la bataille avec le patronat. Cette bataille, il s’agit, partout où c’est possible de la mener jusqu’au bout, en allant par exemple jusqu’à la nationalisation sous contrôle ouvrier.




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