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Jeunesse

Angoisses et incertitudes à quelques semaines du bac….

Le fiasco attendu de Parcoursup : 50% des candidats refusés ou en attente

Selon le ministère de l'Education Nationale, mardi 22 mai à 18 heures, 400 000 lycéens étaient « en attente » ou refusés sur l’ensemble de leurs vœux émis sur la plateforme Parcoursup, soit 50% des candidats lycéens de terminale ou étudiants en réorientation. Des chiffres officiels vertigineux qui masquent cependant les fortes disparités des réponses d’un lycée à l’autre : dans certaines classes de terminale des lycées populaires, c’est la grande majorité des élèves qui n’ont reçu aucune réponse positive sur leurs vœux.

Photo : Une manifestation contre Parcoursup à Paris le 15 mars. Crédits Cyril Zannettacci

50% de reçus contre 80% avec APB

Le désastre annoncé par les opposants de la loi « Orientation et réussite des Etudiants » est en train de se concrétiser : combien sur le carreau ? les chiffres commencent à se préciser. Selon le ministère, sur les 812 000 candidats de la plateforme Parcoursup, seuls 419 000 ont reçu au moins une réponse positive mardi soir à 18 heures. Ils étaient 436 500 ce mercredi matin, suite à la première phase de désistement. Les organisations syndicales de l’enseignement supérieur tablaient sur un tiers de candidats sans réponses pour le 22 mai. Les chiffres officiels dépassent largement leurs craintes, avec près de la moitié des candidats n’ayant reçu aucune réponse positive, quelques semaines avant le passage des épreuves du baccalauréat. Bonjour l’angoisse…

Stress généralisé jusqu’à septembre

Alors bien sûr, du côté du ministère de l’Education Nationale, on fait comme si tout était sous contrôle. Les recteurs ont déjà envoyé des « éléments de langage » aux chefs d’établissement dans l’objectif de rassurer les familles et les élèves, opération préparée à mesure que l’évidence de la catastrophe devenait de plus en plus proche. Un nouvel arrêté a été écrit en urgence durant le mois de mai pour ouvrir une phase d’inscription complémentaire durant l’été et calmer les tensions pour le printemps. Autant de bricolages qui révèlent le dysfonctionnement d’une réforme taillée dans l’unique but de garantir aux enfants des classes supérieures et bien dotées culturellement les meilleures formations universitaires, d’accroitre la différenciation de l’offre universitaire, d’y accentuer la concurrence, première étape d’une augmentation des frais d’inscription et de la privatisation de l’université publique. Avec Parcoursup, la « liberté » tant vantée par Vidal de l’enseignement supérieur n’est destinée qu’aux « premiers de cordée », à la minorité. Les autres passent après. Et le stress n’est pas prêt de diminuer : la procédure d’acceptation va durer jusqu’en septembre avec des délais de 24 à 72 heures pour donner sa confirmation en cas de réponse positive. La « prise d’otage » de l’été a été organisée par le gouvernement.

Des taux d’admission bien plus faibles dans les lycées populaires

Sur le terrain, les organisations syndicales, comme Sud Education (voir le formulaire à remplir sur leur site) commencent le recensement pour confronter les chiffrages officiels aux résultats des lycéens de terminale dans les classes. Ce qui est sûr, pour le moment, c’est que dans les classes des lycées les moins favorisés, on sait déjà que le taux de réponse positive est bien inférieur aux 50% annoncés par le ministère. La sélection sociale s’aggrave largement avec Parcoursup, là où Admission Post-Bac comptait 80% de réponses positives lors de sa première phase.

L’arbitraire au centre de la procédure d’examen

Avec la révélation des premiers résultats, c’est aussi les modalités d’examen des candidatures qui sont révélées : tri par les notes, bricolage pour départager les ex-æquo, notations de CV et de Fiche avenir, variabilité des critères retenus d’une université voire d’une formation à l’autre… Si le tirage au sort, qui concernait moins de 3% de l’effectif des candidats l’année dernière a été supprimé, c’est désormais l’arbitraire qui règne en roi sur Parcoursup. Une situation y compris dénoncée par des enseignants chargés de classer les candidatures :« il y a un côté hyperviolent à opérer ces classements » témoignait une enseignante participant à une commission d’examen dans les colonnes de Libération ce mercredi matin.

Les lycéens doivent se mobiliser contre Parcoursup et la loi ORE

Si l’association des parents d’Elèves ( la FCPE), la FSU, le CGT, Solidaires pour les organisations syndicales du monde enseignants, tout comme les étudiants des différentes universités mobilisées, se sont déjà prononcés contre la loi « Orientation et réussite des Etudiants » qui instaure le dispositif Parcoursup, les mobilisations lycéennes sont pour l’instant restées en retrait, ou ont été fortement réprimées, comme à Tours en avril dernier.

A l’heure où Parcoursup montre son vrai visage, il est l’heure de se réveiller pour prendre en main son avenir : organiser des assemblées générales dans les lycées, monter des blocages et manifester cette semaine, mais aussi samedi 26 mai prochain qui s’annonce comme une date allant largement au-delà de l’appel de la France Insoumise : d’ores et déjà rejointe par les secteurs en lutte que sont les cheminots, ou les collectifs pour la justice et la vérité face aux violences policières, la manifestation de samedi pourrait être une nouvelle échéance contre Parcoursup avec le mouvement lycéen.

Le gouvernement ne pourra alors plus s’appuyer sur le silence des lycéens pour défendre une réforme de toute part contestée, et qu’il compte passer par la force de la matraque.




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